Exposition et vernissage « L’Homme et la Nature », collectif 24/36

Du 02 au 16 octobre 2020, au Factory 5.42 (5, rue Matabiau, Toulouse), Carmen Legros, Sandra Grampfort, Laura Puech, Frédérick Lejeune et Nicolas Pagès, membres du collectif photographique toulousain « 24/36 »,  exposent leurs séries autour du sujet « L’Homme et la Nature ».  Vaste et complexe sujet qu’ils ont exploré, à leur petite échelle, et mis en image chacun de leur côté avec des visions et des sensibilités différentes.
Vernissage vendredi 09 octobre de 18h30 à 22h30. Entrée libre.

 

« Pourquoi t’as fait ça ? » ou bien encore la pire des questions « Avec quoi tu t’es fait ça ? »

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« Je suis couverte de cicatrices… oui ; c’est un fait, et ce depuis de nombreuses années maintenant.
On me demande souvent « Pourquoi t’as fait ça ? » ou bien encore la pire des questions « Avec quoi tu t’es fait ça ? », mais… vous vous rendez compte de l’indélicatesse de ces questions qui sont les vôtres ? L’intimité, vous connaissez ? Le respect d’autrui, ça vous parle ?
Certains vont alors me sortir l’excuse du « bah t’as qu’à pas les montrer si tu veux pas qu’on te pose des questions dessus ». Ce genre de phrase me prouve juste à quel point votre réflexion peut être limitée. Donc, parce que j’ai subi des viols, de la violence, de la maltraitance (et j’en passe) qui ont débouché sur une dépression qui m’accompagne depuis plus de 10 ans ainsi qu’un trouble de la personnalité limite qui font que j’extériorisais comme je le pouvais et avec le seul outil que je possédais ; je ne peux sortir de chez moi qu’en combi de ski ? Parce que ces cicatrices se voient de mon visage jusqu’aux mains ? Le fait d’apercevoir certaines choses ne vous donne pas le droit d’exiger des réponses. Et par pitié, arrêtez de nous voir comme des pauvres personnes risquant de tomber à la moindre secousse. Nous ne sommes pas faibles, bien au contraire. J’ai su avoir la force de sortir peu à peu de ce cercle vicieux, j’ai eu la bienveillance de ne me défouler que sur moi et non sur les personnes m’entourant et me maltraitant. J’ai pris sur moi, encore et toujours, au point où on peut le percevoir en me regardant. Oui, c’est pas esthétique, oui ça me fait profondément mal de me rappeler les états dans lesquels j’étais lorsque je passais à l’acte, oui ça me porte préjudice à chaque fois que je sors de chez moi : dans les transports, la rue, au travail, à la fac, aux dîners de famille… Mais la jeune fille de 15 ans qui pensait qu’elle ne survivrait pas après ses 18 ans, celle qui était persuadée que sa vie s’arrêterait avant d’avoir même débuté ; elle a grandit, et elle voit maintenant tout le chemin parcouru à travers ces mêmes marques qui resteront à vie.

Je voulais aussi vous parler de quelque chose : la fétichisation des auto-mutilations (et non des scarifications artistiques qui sont légitimes).
« Moi ça m’attire tes cicatrices », « Ca m’intrigue trop » ou bien « Tes cicatrices m’excitent trop » (sexualiser des cicatrices… mais quel est votre problème ??)
Alors non, ce genre de discours n’est pas plaisant, n’est pas rassurant et me fait encore moins sourire. Ces personnes qui trouvent un comportement toxique, néfaste et auto-destructeur « attirant » sont juste elles-mêmes toxiques. Ces personnes ne vous aideront jamais à avancer, bien au contraire. Elles vous objectiveront, vous réconforteront dans vos comportements auto-destructeurs et malsains et passeront à autre chose lorsque vous essaierez d’aller mieux. Éloignez-vous de ces personnes, il n’y a rien de gratifiant à ce que l’on trouve vos souffrances « attirantes ».

La famille, fabrique à souvenir

Nathalie, sa petite-fille (18/05/1989)
Suzanne, sa grand-mère (11/08/1924 – 19/03/2010)

« Mamie, je n’ai qu’un seul regret, c’est celui de ne pas avoir pu profiter de beaucoup plus de moments avec toi. Aujourd’hui quand on parle de toi, nous sommes tous d’accord pour saluer et admirer ton courage. Toi petite fille née à La Rochelle, tu t’es battue pour faire face à tous les aléas de la vie qui n’a pas toujours été tendre avec toi.
Je me souviens que tu étais autonome et indépendante, sur ton vélo ou en train.
Le vélo car tu aimais aller à la danse ou voir tes amies ou encore filer à Fouras t’asseoir face à l’océan.
Et le train car tu aimais venir nous voir et découvrir les villes où nous étions. Nous venions te chercher de gare en gare et partagions des moments avec toi. Même si la maladie prenait de plus en plus de place, nous faisions du vélo ensemble, et tu étais bien plus endurante que nous. Quand on te le faisait remarquer tu nous disais toujours que le jour où tu ne ferais plus de vélo c’est que cela serait la fin pour toi. Et malheureusement ce que tu disais s’est révélé être criant de vérité ce matin du 19 mars 2010 ». (Nathalie)

Suicidée par l’Etat

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« L’Etat, celui censé m’aider, m’épauler et me relever en cas de difficultés et qui au final est celui qui m’appuie sur la tête quand elle est déjà sous l’eau… Toujours de belles paroles, de belles promesses, de beaux mensonges, des miettes jetées à la foule avide de s’en repaître pensant ainsi être aidée alors qu’en fait on devient dépendant. « Nous allons vous aider », simple à l’oral mais à l’écrit il faudrait rajouter : « si vous avez déjà besoin de nous, que votre couleur favorite est le bleu canard, que vous aimez le gruyère dans vos pâtes », car je ne sais pas comment ils se débrouillent mais moi, je ne rentre jamais dans leur case, il faut dire que le bleu canard, je suis moyennement fan. Dans un pays où être indépendant de TPE est synonyme d’oubli, où celui qui entreprend est loué mais où celui qui échoue malgré sa tentative est rejeté, où celui qui est saigné à blanc par les taxes n’est pas aidé quand il en a besoin, j’ai un peu l’impression de me faire retirer le pain de la bouche pour le servir tartiné de foie gras à nos édiles. Car oui, je participe à la vie de l’Etat en payant chaque jour taxes, cotisations, en faisant des achats, en encourageant l’économie, en respectant les règles …. mais bien souvent quand je m’adresse à lui, je suis seule et il n’a que dédain pour moi et ma situation. Alors si l’état ne m’a pas tuée, il ne m’a pas empêché de le faire… » (Lielith Julie)