J’aurais voulu être un rocher pour voir le temps qui passe

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Collectif 24/36

Quelle est l’utilité d’un collectif (photo) ?
Nico : Cela permet de regrouper des personnes ayant des visions différentes mais avec une approche photographique complémentaire et une finalité généralement identique.
Laura : Oui, c’est avant tout des rencontres, des échanges et l’envie de partager une passion commune.
Carmen : C’est enrichissant comme expérience, car on aborde et on exploite un sujet à travers un regard différent du nôtre.
Sandra : En effet, le collectif instaure une réelle dynamique au sens large. Il permet aux projets de se concrétiser et d’avoir un cadre pour leur mise en place du fait de réunions mensuelles et d’échanges divers autour de ces questions.
Dan : Il y a un aspect d’entraide en échangeant nos idées et en mettant en commun nos moyens et outils photographiques.
Fred : Ensemble, le collectif a plus de poids. Il est plus fort et permet d’agrandir le réseau.
Nico : Exact ! Et cela favorise la solidarité entre ses membres et du coup renforce leurs liens sociaux. Sur Toulouse, le collectif Approche photo est un bon exemple.

Pourquoi avez-vous accepté de devenir membre de ce collectif « 24/36 » ?
Nico : Je suis l’initiateur de ce collectif. Depuis 2007, je m’investis sans compter au sein de Poussière d’image, association photo toulousaine que j’ai créée. J’ai besoin de me libérer du temps pour ne pas faire « que » du Poussière d’image. Je souhaite aussi m’associer avec des photographes ayant une approche identique ou complémentaire à la mienne afin de partager des projets communs plutôt complexes, de manière sérieuse et rigoureuse, tout en favorisant le plaisir, notre essence première.
Dan : Je comprends Nico, donnant moi aussi pas mal de mon temps à Poussière d’image. J’ai trouvé son idée intéressante, puis cela me permettra de voir et de travailler différemment mes sujets. Collaborer avec six regards différents est un avantage supplémentaire.
Carmen : Je n’ai jamais appartenu à un collectif. Lorsque Nico me l’a proposé, j’ai tout d’abord été vraiment flattée de savoir que mon travail puisse intéresser d’autres photographes. Chacun de leur travail me rend vraiment curieuse d’en connaitre davantage. Alors voilà, j’ai accepté d’embarquer dans cette aventure.
Fred : Me concernant, il n’y a même pas eu de réflexion quant à l’acceptation lorsque j’ai entendu les noms des personnes approchées pour ce collectif. Je respecte et apprécie leur travail photo. Ce groupe ne peut que faire évoluer le travail de chacun.
Sandra : J’ai accepté car ce collectif se compose de photographes possédant des photos porteuses de messages forts et profondément humanistes. L’idée de pouvoir partager cette vision de la photographie est selon moi un atout majeur dans l’émancipation de ma créativité et dans mes réflexions artistiques.
Laura : La photographie fait partie intégrante de ma vie. Je souhaite la partager avec des personnes lui accordant le même intérêt. Nous sommes tous différents et c’est ça qui m’intéresse.

Seulement 6 membres : 3 hommes, 3 femmes. Pensez-vous qu’il y a une différence entre la vision photographique féminine et celle masculine ?

Dan : Oui je pense qu’il y a une différence sur la vision photographique dans la façon d’aborder et de traiter le sujet à photographier.
Fred : Je crois plutôt qu’il s’agît d’une complémentarité et non une différence. Que nous soyons hommes ou femmes, nous avons tous une certaine sensibilité, plus perceptible chez certains d’entre nous.
Carmen : C’est exactement ce que je pense !
Sandra : Difficile de répondre de manière catégorique à cette question qui je pense peut avoir une réponse ouverte dans le sens où il n’y a pas de distinction à faire entre les genres en photographie, à mon avis. Je crois plutôt qu’on peut penser la photo à travers un regard neutre, sans incidence, sans influence. Je ne pense pas qu’en regardant une photographie dégagée de la signature de son auteur/e nous pourrions être en mesure de savoir s’il s’agit d’un ou d’une photographe. Au niveau de notre collectif, au contraire, par la mixité présente, nous pouvons dire que peu importe la composition du groupe, finalement nous sommes tous en mesure de pouvoir répondre à un thème, et ceci en dehors du genre mais bien plutôt par rapport à notre subjectivité. Ainsi la vision dépendra davantage de nos vécus et de nos expériences.
Laura : Je ne pense pas. Chaque artiste a sa propre vision « Homme/Femme ». Dans tous les cas, de mon point de vue, chaque photographe a sa propre écriture.
Nico : Déjà, quel que soit le sexe, la vision photographique est propre à chacun. La mienne est différente de celle de Fred ou de Dan par exemple, ainsi que de Carmen, de Laura et de Sandra. C’est la conséquence de plusieurs vecteurs, notamment sociaux-culturels, d’éducation et de vécu personnel qui façonnent notre personnalité composée du caractère et de la sensibilité. On photographie avec notre œil mais aussi avec notre personnalité. Et c’est là, où personnellement, à tort ou à raison, je trouve qu’il y a, sans pour autant généraliser, une différence, souvent beaucoup plus douce et poétique voire onirique chez la femme, et beaucoup plus directe et rentre-dedans chez l’homme. Il n’y a pas pour autant une différence d’humanité entre les deux sexes. Nos visions s’associent et se complètent à merveille. C’est dans ce sens que j’ai souhaité une parité homme/femme pour notre collectif.

Vous connaissiez-vous avant d’entrer dans ce collectif ?

Nico : Lorsque mon idée de lancer un collectif était définitive, dans mon esprit c’était avec Fred et Dan. Je connais Fred depuis 2008 et Dan depuis 2009. C’est la photographie qui nous a mis sur le même croisement pour suivre ensemble la même route. Nous sommes de véritables amis et nous avons les mêmes attentes photographiques malgré nos styles différents. Concernant nos chères photographes, nous nous connaissons depuis peu de temps. Avec Sandra, cela fait depuis le dernier trimestre 2016 et son arrivée à l’asso Poussière d’image. J’ai vu en Sandra ce que j’étais quand j’ai commencé la photo. Elle est motivée, investi, impatiente d’apprendre et déjà une approche photographique à laquelle j’adhère. Elle pense photo, elle vit photo. Elle aussi est sur la route de la toxicomanie photographique ! J’adore. Concernant Carmen, cela faisait depuis quelques années que nous étions dans nos listes respectives Facebook sans pour autant avoir échangé une seule fois. Bref, on ne se connaissait pas. Pourtant je suivais cette élève de l’ETPA, ayant même été à sa première exposition à Toulouse, il y a 3-4 ans. J’appréciais son style et justement sa vision photographique qui se démarquait, et cela n’engage que moi, d’autres jeunes photographes que je suivais. Le hasard a fait qu’il y a un peu plus d’un an, elle a rencontré Fred et qu’ils sont devenus de grands amis… et forcément, par Fred, j’ai aussi fini par la rencontrer et je ne le regrette pas. Concernant Laura, c’est bien la seule que je ne connaissais pas avant de lancer le projet du collectif. Je me souviens une fois l’avoir contactée il y a 2-3 ans pour lui proposer de poser pour moi et cela ne s’était pas fait. J’avais vu qu’elle était aussi en apprentissage photo à l’ETPA. Le peu de clichés qu’elle diffusait était vraiment intéressant. Pour le collectif, Sandra et Carmen avaient validé, il me manquait donc une photographe à trouver. J’ai demandé à Carmen de me proposer 3-4 noms de jeunes talentueuses. Dans sa liste il y avait Laura. J’ai regardé le travail de chacune et c’est le sien qui m’a le plus interpellé. Notre première rencontre s’est faite en septembre, au festival Manifesto.
Carmen : Laura était avec moi pendant la formation de praticienne à l’ETPA, j’aime vraiment son travail, c’est pour cette raison que je l’ai conseillée auprès de Nico. Dan et Nico, je les ai connus par le biais d’expositions, dont la mienne que j’ai réalisée avec Frederick au Cactus, bar culturel toulousain. J’avais déjà vu quelques-uns de leurs travaux sur les réseaux sociaux à travers l’association Poussière d’Image. Et quant à Frederick c’est mon compère/acolyte photographique depuis 2 ans !
Fred : Je connaissais effectivement la plupart des membres du collectif. Je découvre et découvrirais un peu plus Laura et Sandra.
Dan : Je connaissais très bien Nico et Fred ; Sandra depuis un peu plus d’un an. Je connaissais Carmen mais beaucoup moins  son parcours photo et j’ai eu le plaisir de rencontrer Laura lors de notre dernière réunion pour le collectif, au mois d’octobre.
Laura : Je ne connaissais que Carmen depuis notre passage à l’ETPA, comme elle l’a signalé. Je m’entends très bien avec elle et  j’apprécie fortement sa photographie. D’ailleurs, merci, Carmen, de m’avoir conseillée auprès de Nico J que j’ai rencontré courant septembre avec Fred, puis Sandra et Dan en octobre. J’adhère au travail photographique de chacun. Une belle surprise et de belles rencontres !
Sandra : Avant de rentrer dans le collectif, je ne connaissais que Nico et Dan et un petit peu Fred croisé à de rares occasions. J’ai rencontré Carmen et Laura lors de nos premières réunions. Puis finalement j’ai déjà l’impression de tous les connaitre, c’est le feeling comme on dit !

Outre le travail d’auteur, vous allez cibler la photographie sociétale, comment comptez-vous l’aborder ?

Sandra : Il y a tellement de thèmes possibles qui touchent à la société dans laquelle on vit mais aussi les sociétés en général. Je souhaite partir d’un constat extrait du quotidien dans lequel nous vivons et dont nous n’avons pas forcément conscience. Je souhaite m’appuyer sur des expériences devenues automatiques et complètement banales pour nous afin d’en dégager une image forte. J’aime m’exprimer par des messages de sensibilisation au travers de mes clichés, pour réveiller les consciences.
Fred : La façon d’aborder le travail photographique va dépendre du sujet choisi. Si besoin je fais des recherches sur le sujet et j’essaie au mieux de répondre à la question « comment le traduire en image ? ». A partir de là, je note sur un papier des idées, voire même en esquissant des croquis. Certains sujets sociétaux peuvent aussi être simplement abordés en faisant un reportage photographique sur un lieu, une société ou une association en lien direct avec le sujet choisi.
Nico : Généralement, on parle surtout de photographie sociale, celle qui touche la vie des individus dans la société. La photographie sociétale va bien plus lien car elle ne s’arrête pas seulement aux individus mais à tout ce qui constitue et/ou qui touche de près ou de loin notre société actuelle et à son organisation. Les sujets sont vastes. L’objectif est de traiter ceux qui nous sensibilisent le plus, les aborder comme on le souhaite, soit de manière neutre (témoignage) ou soit de manière engagée (revendication) en s’attaquant par exemple à un fléau ou en défendant une cause, sans jamais tomber dans une propagande extrémiste. Pour ma part, j’espère exprimer mon opinion et ma vision de la société à travers mes clichés, sans dénaturer la réalité, mais en étant toujours direct, en laissant la subtilité de côté, sans état d’âme et concession.
Laura : Tout d’abord j’ai un coup de foudre, un sujet qui me touche et qui ne sortira plus de ma tête. Ensuite, c’est des rencontres, de longues discutions. Au bout de quelque temps, lorsque je sens quel axe je vais vraiment vouloir approfondir, je commence, je sors l’appareil et là je me laisse porter. Si je devais en quelques mots décrire comment j’aborde mes sujets sociétaux ça serait « se laisser le temps ».
Carmen : Tout comme le travail d’auteur, je souhaite aborder des sujets qui me sensibilisent. Mon but étant de créer un univers où le spectateur puisse se questionner, s’identifier, et être touché. Je porte également un intérêt sur la composition, et la couleur, afin que mon image soit picturale.
Dan : Une fois le sujet choisi, j’organise une liste : quoi, où, comment ? Je commence par du bouche à oreille pour trouver les personnes ayant le profil recherché au sujet. Ensuite, je m’entretiens avec la personne concernée pour échanger, afin qu’elle s’imprègne du projet futur.

Ce collectif a pour nom « 24/36 », que représentent ces deux chiffres pour vous ?

Dan : Pour quelqu’un qui a connu et commencé par la photo argentique, ça me rappelle la bonne vieille pelloche et mon premier boîtier réflex ! Aujourd’hui, ce chiffre est l’équivalent d’un capteur plein format.
Sandra : Ils correspondent à l’utilisation des appareils photographiques plein format. C’est la valeur de référence en photo. On pourrait s’imaginer qu’il s’agit d’une date, d’une heure, d’un code entre les membres du groupe mais nous ne sommes pas aussi tordus que cela ne puisse paraitre. Nous avons pris le temps de donner du sens à ce groupe qui prend naissance.
Nico : Vous allez rire ! Le 24 est la 1ere fois où j’ai été pris en photo, soit un jour après ma naissance. Et 36 est l’âge que j’avais quand je me suis mis à la photographie, non pas avec un 24/36 mais avec un aps-c. J’ai trouvé insolite cette coïncidence entre ces deux dates de ma vie et ces deux chiffres qui ont dans les deux cas un lien à la photographie.
Fred : Comme quoi il y a toujours des signes qui ne trompent pas ! Pour moi, cela représente… 24 et 36 J. Et puis en 24/36, un 20mm reste un 20mm. Bref une histoire pour couvrir tout un champ de vision.
Carmen : Le plein format en numérique. Qui permet d’exploiter pleinement tout l’angle de vision. Vision donc moins étriquée, un champ de vision plus large. Aération, libération, voir en grand ! D’ailleurs ça me fait penser à une scène du film Mommy de Xavier Dolan. Il débute par un format carré, mais au bout de 75 minutes de film, le personnage principal écarte les bras, et là, le cadre s’élargit. Libération de l’enfermement du personnage et du spectateur. Très très fort, j’ai adoré ! J Et pour conclure, nous utilisons tous, au sein du collectif, du plein format !
Laura : Oui, le format 24×36 permet de couvrir tout l’angle de vision de la focale un peu comme allégorie du collectif qui nous permet de couvrir chacune de nos visions photographiques.

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Stéphanie M., née en 1982, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« C’était le jour de la rentrée en classe de 5ième. Je traversais sur le passage piéton et j’ai été percutée par une voiture roulant à vive allure. Je me suis retrouvée à l’hôpital, d’abord consciente mais en état de choc et avec des fractures multiples ; puis le trou noir avec 3 jours de coma », témoigne Stéphanie, adolescente de 13 ans au moment de l’accident. Ce 12 septembre 1995, à 9h03, sa vie a basculé. Ce matin-là, à Castres, le conducteur allait bien trop vite et ne l’a pas vue. Elle a frôlé la mort et se souvient, encore aujourd’hui, des moindres détails du choc et de ses blessures à la hanche, au genou, au pied, au bras et surtout à l’épaule, tout son côté gauche : « J’étais dans un état second, choquée. Malgré les fractures, je ne ressentais aucune douleur. En fait, et ce fut le sentiment le plus horrible, je ne sentais plus du tout ni mon épaule et ni mon bras, comme s’ils étaient morts ». Après être sortie du coma, Stéphanie a subi une première opération lourde afin de reconstruire son épaule. Son bras est resté bloqué pendant plusieurs mois, puis une seconde opération a permis de retirer toutes les broches, le tout laissant une double cicatrice de 15 cm et des séquelles physiques et psychologiques. « Mon bras gauche s’est arrêté de grandir suite à l’accident. Il mesure 4 cm de moins que le droit. Je ne le touche que depuis 4 ans. Et je ne me suis pas rasée ce bras blessé pendant des années car cela me remémorait les soins. Enfin, de manière instinctive, je ne laissais personne toucher mon bras, même pas mon compagnon », précise Stéphanie. Déjà à l’âge adulte on n’est pas préparé à vivre cela, alors imaginez à 13 ans. Le ressenti de Stéphanie est inflexible : « Je n’ai pas eu d’adolescence ! On n’est pas armé, à cet âge-là, pour prendre la mort dans la figure. Je me suis vue mourir ! ». Cet accident a été la cause d’un changement de vie de manière inconsciente et radicale. Elle s’est sentie coupable de l’accident. Personne ne lui a tendu la main et ne lui a expliqué qu’elle n’était pas fautive. Traumatisée et marquée à vie, elle a vécu toute son adolescence et sa vie d’adulte comme si elle allait mourir le lendemain et qu’elle méritait cela. Inconsciemment et de manière obsessionnelle, dans son esprit, chaque jour présent pouvait être le dernier, à tel point qu’elle cumulait n’importe quel projet en s’y investissant à fond, non stop, sans la moindre pause, mais toujours dans une maitrise la plus extrême. Tout devait aller vite, puisque par sa peur d’être victime d’un nouvel accident, chaque journée passée pouvait être sa dernière en vie. « Pendant des années, j’ai mené une vie hyperactive et excessive où il fallait que j’enchaine, que tout soit carré, toujours à la recherche de l’excellence à chaque instant, avec tout le stress que cela engendre. J’étais toujours une insatisfaite. J’étais dans ma bulle, une prison de verre, avec cette peur permanente inconsciente de mourir », révèle Stéphanie. Malgré ses journées chargées, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait se lever le matin, pourquoi ce mal-être chronique alors qu’elle avait tout pour être heureuse : une fille, une vie de couple, une maison, une reconnaissance professionnelle, une activité sportive passionnante, etc. Ce n’était plus possible de vivre ainsi. En 2011, Stéphanie a décidé de suivre des séances d’hypnose et de kinésiologie et finir au cours de cette année 2017 avec l’EMDR pour essayer de guérir de ses maux intérieurs, comme elle le précise : « J’étais dans une telle maîtrise de vie, qu’il fallait que j’accepte que je puisse re-avoir un accident demain. J’ai choisi l’hypnose pour démarrer ». Sa séance d’hypnose a été d’une telle violence qu’elle est restée enfermée pendant 6 mois chez elle. Elle ne pouvait plus ouvrir la porte de son domicile et en sortir : « Lors de cette séance d’hypnose, j’ai revécu physiquement l’accident. Mon cerveau a rejeté cette souffrance. Ce fut atroce. Je me suis enfermée de longs mois car cela a accentué ma peur ». Heureusement, ses amis lui ont fait prendre conscience qu’elle se mettait psychologiquement en danger. Elle décide de rappeler son hypnotiseuse et la réaction de cette dernière a enfin été le déclic pour Stéphanie. Elle lui a répondu fermement : « Stéphanie, il faut juste que vous acceptiez de vous prendre une autre voiture sur la gueule ». La réaction de Stéphanie a été immédiate : « Là, je me suis mise à pleurer et j’ai lâché prise. Petit à petit, j’ai commencé à respirer, à me poser, à prendre du recul et de la maturité, et à ne plus avoir peur du lendemain. En 2017, elle rencontre une nouvelle et dernière méthode, l’EMDR, qui l’a amenée à sa guérison totale. Une méthode radicale qui travaille sur les troubles post-traumatiques où au final il ne reste que les souvenirs et plus aucun ressenties négatifs. « Je n’ai plus peur de prendre la voiture et de sortir. Je suis enfin en paix avec moi-même », se réjouit aujourd’hui Stéphanie. Plus de 22 ans après, le deuil est enfin accompli ! Stéphanie arrive même à ressortir du positif de cet accident. « A cause » de cet accident, elle a pu réaliser des projets ambitieux, devenir un pompier reconnu, pratiquer le rugby féminin de haut-niveau et participer de manière active à son essor national, sans oublier tant d’autres challenges et défis des plus difficiles qu’elle a relevés avec succès. Aujourd’hui, c’est une nouvelle vie. Elle s’occupe de sa fille de 17 ans, son métier actuel de photographe professionnelle l’épanouit, son compagnon Cyrille la comble, le Crossfit lui apporte un certain mode de vie… Bref, que du bonheur pour Stéphanie !

(www.stephaniemadaule.fr)

Interview avec Vanessa Madec, photographe

Interview avec Vanessa Madec, née en 1990, photographe spécialisée dans le reportage de mariage.

Vanessa, quel est ton parcours photographique ?
J’ai commencé la photographie avec un compact en autodidacte l’année de mes 18 ans. Photoshop était installé sur l’un de mes ordinateurs. Je passais beaucoup de mon temps sur ce logiciel à bidouiller mes photos. À l’époque, chez moi, nous n’avions pas internet et je ne connaissais personne qui faisait de la photo. J’ai donc appris seule à me servir de Photoshop et d’un appareil photo en faisant des tests à chaque fois que j’en avais l’occasion. Lorsque je suis arrivée à Toulouse, je me suis inscrite à l’association Poussière d’image. C’est vraiment à partir de ce moment-là que la photo a pris une place sérieuse dans ma vie. Pour la première fois, j’ai pu photographier avec un reflex, ce qui m’a ouvert à d’autres rendus que j’essayais d’émuler auparavant avec Photoshop. Je me suis beaucoup investie dans cette association qui m’a tant donné. A mon tour j’ai souhaité partager et c’est ainsi que j’ai donné mes premiers cours sur Photoshop et Lightroom. Après avoir obtenu plusieurs diplômes dans divers secteur sans trouver ma voie, tu m’a conseillé de m’essayer en tant que photographe professionnelle. Trois ans après m’être lancée sans vraiment y croire me voilà photographe.

Quelle est ton approche photographique en règle générale ?
Ce que j’aime dans la photographie, c’est la beauté qui peut se dégager de certains clichés. Que cela soit par le biais d’une émotion ou un plaisir purement visuel, il faut que la photo soit belle, au sens large du terme, pour que celle-ci me plaise. La photographie est pour moi avant tout un art et doit en ce sens capter le regard et lui transmettre de l’émotion.

Pour toi, qu’est-ce qu’une photographie artistique ?
Une photographie artistique, c’est comme une mise à nu de son auteur. Il photographie ce qui le touche, il fait passer un message sur ce qu’il a vécu et ce qui influence sa vision. Finalement, c’est, sans que l’on s’en rende compte, très personnel, très intime. On retrouve des fragments de sa vie et de sa personnalité dans chacune de ses productions.

Spécialisée dans la photographie de mariage depuis 3 ans, tu arrives à boucler tes saisons. Quel est le secret de ta réussite ?
Honnêtement, je n’ai pas de secret. Ma volonté est seulement de m’améliorer de jour en jour. Je travaille pour que le prochain reportage de mariage ou la prochaine séance que je réalise ait encore plus d’impact que mon reportage précédent. D’ailleurs je n’arrive pas à qualifier ce que pourrait être ma réussite. J’ai cette volonté de viser plus haut et plus loin. Je révise sans arrêts mes objectifs à la hausse, sans me satisfaire de ce que j’ai acquis jusqu’ici. En ce sens, ma réussite ne sera jamais atteinte, c’est ce qui me permet d’évoluer sans me reposer sur mes acquis.

Etant en ton compte, tu t’exiges à faire des journées de 8h à 18h voire plus, du lundi au vendredi en dehors de tes jours et heures de reportages. Outre le post-traitement de tes photos, sur quoi bosses-tu autant ?
En tant qu’entrepreneur, il y a énormément de chose à gérer. Je gère seule mon activité ce qui implique que je suis pluridisciplinaire. Mes tâches hebdomadaires se répartissent entre la communication avec mes clients et mes partenaires, la comptabilité, la mise à jour de mon portfolio, la proposition de reportage de mariage et de famille à des plateformes tierces, la création un nouveau book, faire de la veille pour être à l’affut des nouvelles tendances, de la formation pour mieux servir mes clients… Vraiment beaucoup de choses ! Mes journée sont bien courtes et dépassent bien souvent les horaires que je me suis fixés !

Depuis une bonne année, tu vis en Allemagne et tu tournes dans toute la France et dans certains pays européens pour les mariages. Comment gères-tu ta communication « franco-européenne » ?
Afin de facilité l’accès à ma clientèle anglophone, j’ai commencé par traduire entièrement mon site Web en anglais. Dans les prochains mois, je vais également intégrer une partie française pour les visiteurs francophones prenant plaisir à naviguer sur un site dans leur langue maternelle. La communication notamment sur le mariage n’est pas forcément facile car chaque pays a son style de mariage. Les mariages allemands, par exemple, ont tendance à être plus petits et se déroulent dans des restaurants contrairement aux mariages français qui comptent généralement une centaine d’invités avec une réception dans un château ou un domaine spécialisé pour le mariage. La façon d’appréhender le mariage est donc différente et le résultat également. Pour le moment ne parlant pas encore allemand je me focalise sur la communauté française et anglaise en Allemagne. Les allemands parlent assez aisément anglais ce qui m’a permis d’avoir un mariage à Hanover cette année et deux à Hamburg.

Est-ce facile pour une personne ne maîtrisant pas la langue allemande de faire sa place dans le milieu de la photographie de mariage de ce pays ?
Comme je le développais dans ma réponse précédente les allemands parlent très bien anglais, ce qui me permet d’être quand même contactée. Le temps est ici un allié de taille, puisqu’il faut se faire connaître et que le référencement internet, par exemple, prend beaucoup de temps.

Y a-t-il une différence entre la photographie française et la photographie allemande notamment dans le domaine de la photographie de mariage ?
Je ne dirais pas qu’il y a une réelle grosse différence. L’approche semble être la même : un réel intérêt pour des photos non posées qui retranscrivent bien les émotions. Les mariages ont tendance à être un peu plus petit qu’en France et moins traditionnel avec un passage à l’église pas aussi courant qu’en France ce qui entraîne un refus de beaucoup de prêtres à la photographie du mariage dans l’église. Cela m’est justement arrivé cette année, j’ai dû passer la cérémonie assise sans faire de photos, je n’ai pu me lever uniquement pour l’échange des consentements. Ceci s’explique par le manque d’habitude des prêtes aux photographes dans les églises. Ils pensent qu’un photographe va gêner le bon déroulement de la cérémonie.

Pour toi, qu’est-ce qu’une bonne photographie de mariage ?
Pour moi une bonne photographie de mariage c’est une photographie émotionnelle. Une photographie où l’on peut ressentir l’amour qu’il peut y avoir entre deux personnes, les liens qui unissent une famille, l’attachement profond que des amis peuvent avoir. C’est de l’émotion mis en valeur par un le style artistique du photographe. Une bonne photographie de mariage doit, même seule, raconter une histoire et avoir un impact.

Quelle est ta démarche photographique dans le domaine des reportages de mariage ?
Ma démarche est de photographier ce lien qui existe entre les différents acteurs du mariage, que les émotions soient palpables, que l’on puisse ressentir ce que les mariés et invités ont ressenti, ce que j’ai ressenti. Ma volonté est de livrer un reportage mélangeant émotions et ma vision artistique de ce qui s’est passé.

Au niveau de tes clichés, on ressent ta pâte. Comment définirais-tu ton écriture photographique ?

Merci, c’est très gentil ! Mon écriture photographique est guidée par ce que je ressens. Les émotions des personnes qui m’entourent sont une source infinie d’inspiration, tout comme la nature qui joue un rôle primordial dans mon cadre. Pour définir un peu plus en détail mon style, je dirai que celui-ci s’approche d’un style « drama » avec des teintes chaudes et des couleurs sourdes mais vibrantes. Le but de mon traitement photo est de mettre en avant les émotions tout en gardant un côté artistique. Mes photos parlent mieux que mes mots pour décrire mon style. Je conseille donc d’aller voir mon site pour découvrir mon style.

Outre les mariages, que photographies-tu comme évènements ou autre ?
Je suis passionnée par les émotions et par l’humain. Je photographie tout ce qui se rapporte à lui en passant par des séances « famille », des portraits d’artistes, d’artisans, des lookbook pour des marques… Même lorsque je photographie des objets dans le cadre d’un reportage ou pour mon travail personnel j’aime qu’une émotion se dégage de ces photos même si aucun être vivant n’y figure. Ce qui est important pour moi c’est la vie, la personnalité et l’unicité de chacun.

Le ressenti de tes clients/mariés sur ton travail photographique est-il important pour toi ?
Tout à fait ! C’est même le plus important pour moi. Je travaille pour eux, je suis à leur service. Ce qui m’importe c’est qu’ils soient satisfaits de leur reportage de mariage, qu’ils aient plaisir à le partager avec leur famille aujourd’hui et leurs petits-enfants dans 40 ans ! Je crée un peu leur héritage photographique familial et je suis vraiment reconnaissante qu’ils me confient cette tâche !

A côté de tout cela, réalises-tu, à titre personnel, du travail d’auteur ?
Pour le moment j’ai beaucoup d’idées qui restent dans ma tête par manque de temps mais j’y travaille petit à petit pour réussir à mener à bien ces projets.

En dehors de moi-même qui suis ton photographe préféré, as-tu des photographes « références » qui t’inspirent ?
(Rires) Tu fais surtout partie des 6 personnes qui ont changé ma vie ! Mais oui j’aime bien tes photos (rires). J’ai vraiment énormément de références ! Que je regarde peu finalement par manque de temps. Voici mes 4 chouchous pour le mariage : Baptiste Hauville, Béatrice de Guigne, Eric-René Penoy, Dylan & Joanna. Et une autre liste pour le reste : Tim Walker, Annie Leibovitz et Peter Lindbergh.

Quel est ton rêve photographique ?
C’est la question la plus compliquée. Honnêtement je ne sais pas, il y en a tellement que je désire que je n’arrive pas à répondre à cette question. Réaliser un reportage de mariage avec une aurore boréale au moment de la première danse me parait pas mal comme scène, tout comme un élopement dans la nature Australienne ou encore réaliser à la chambre photographique le portrait de Clint Eastwood ou toute autre personne charismatique.

Tes sites Web ?
Voici mon site : vanessamadec.com
Et voici mon site dédié au mariage : vanessamadec-weddingphotography.com

Comme si chacun de nous était sur son cintre bien ordonné et hiérarchisé

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On nous range dans des cases sociales, comme si chacun de nous était sur son cintre bien ordonné et hiérarchisé… Difficile de le quitter, difficile d’en sortir, on essaye, on essaye mais on nous replace toujours dans la même case, sur le même cintre. Et pourtant le rêve serait une société sans case, un mélange du tous ensembles et du tous égaux… une unité et égalité sociale.

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Kevin C., née en 1983, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« Lorsque je mettais mes pieds parallèles, mes genoux se touchaient de manière significative. Aujourd’hui, j’ai 4 cicatrices suite à des opérations pour réaligner mes jambes », annonce Kévin Casimir, jeune plaquiste vivant à Castelnau-Montratier dans le Lot. Dès sa naissance en 1983, Kevin a été obligé de porter une sorte de corset au niveau des jambes afin de les redresser. Plus tard, et même si Kevin pouvait marcher et courir sans aucun souci, les médecins ont conseillé à ses parents de le faire opérer des deux jambes pour lui éviter d’avoir des problèmes au niveau des genoux. Ces derniers risquaient rapidement une usure problématique. Vers ses 11 ans, les chirurgiens lui ont coupé fémurs et tibias et tout réaligné avec des broches, retirées l’année suivante. « Au début, ils espéraient couper que le fémur et le tourner pour aligner le genou. Mais ils tournaient le bas du fémur vers l’extérieur et donc le pied suivait. Pour que le pied puisse se remettre en place, ils ont été obligés de couper le tibia pour faire aussi tourner le bas du tibia », se souvient Kevin. Ces opérations ont laissé de grosses cicatrices sur ses jambes qui l’ont complexé un certain temps comme il le fait remarquer : « Il faut dire que mes balafres étaient assez marquées. Je n’étais pas bien dans mon corps car j’avais l’impression que les gens me regardaient. D’ailleurs, lorsque je devais mettre autre chose qu’un jean, je choisissais un pantacourt pour cacher au maximum. Puis, j’ai fini par comprendre que les gens s’en foutaient ». Aujourd’hui, Kevin n’y pense plus. Son problème actuel, c’est sa tête de péroné droite qui se déboite régulièrement depuis les opérations il y a 20 ans. « Quand elle se déboite, je tourne ma jambe dans tous les sens. Au début c’était juste retendre la jambe et cela se remettait en place. Maintenant, il faut que je la manipule d’une certaine façon pour la remette correctement », témoigne Kevin, qui pratique le karaté. Autant dire, qu’avec ce sport, cela lâche souvent. On pourrait croire qu’il a l’habitude mais la douleur est parfois si présente qu’il n’arrive plus à distinguer si c’est bien remis en place ou pas, sans compter les risques d’arthrose que cela peut entrainer. Kevin a vu plusieurs médecins afin de trouver une solution : « Il est assez difficile de convaincre les médecins car le fait que la tête de péroné se déboite régulièrement est très rare. Alors, pour leur prouver, je me la déboiter volontairement. Devant ce constat, il ne pouvait que me croire mais beaucoup ne trouvaient pas de solution et me renvoyer à certains de leurs confrères ». Kevin a fini par consulter un chirurgien orthopédique compétent en la matière : « Il m’a proposé de visser le péroné au tibia. Avec ce vis dans le genou, la tête de péroné ne devrait plus se déboiter ». La nouvelle opération a eu lieu, une cicatrice supplémentaire, espérons la dernière.

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