La dinde aux marrons de Noël

« …En décembre c’est l’apothéose,
La grande bouffe et les p’tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y’a d’la joie dans les ghettos,
La Terre peut s’arrêter d’tourner,
Ils rat’ront pas leur réveillon;
Moi j’voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons. »
(Extrait d’Hexagone de Renaud)

Un viol, en toute indifférence

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La situation est là, devant vous ! La jeune femme se débat, vous la voyez mais vous choisissez de faire semblant de ne pas voir. La jeune femme hurle, vous l’entendez mais vous choisissez de faire semblant de ne pas entendre. La jeune femme vous appelle au secours, vous devez réagir mais vous choisissez de passer votre chemin… L’indifférence face à un viol est sûrement aussi terrible que le viol en lui-même. Cette non-assistance à personne en danger est condamnable par la loi.
Pour se donner bonne conscience ou pour se rassurer, beaucoup disent « moi, j’interviendrai », mais dans les faits, ils sont rares à le faire, souvent la peur prenant le dessus au point d’en perdre tous ses moyens. Pourtant cette peur ne devrait pas empêcher de composer le 17 et d’avertir la police ou de crier très fort afin d’inciter les autres à en faire de même et à réagir ainsi à plusieurs, donnant plus de courage et de force, sans pour autant se mettre soi-même en danger. La plus petite des actions vaut mieux que l’indifférence.

Et vous ? Que feriez-vous dans ce genre de fait ?

Interview avec YanYak, modèle et comédien

Interview avec YanYak, la cinquantaine passée, comédien intenable et modèle photo à l’humour décapant. 

A la base, tu as commencé par pratiquer la photo en étant derrière l’objectif. Puis, tu es passé aussi devant l’objectif. Qu’est ce qui t’a motivé pour devenir modèle photo ?
Je n’ai jamais cherché « à faire modèle » Je me suis bien mis en scène deux ou trois fois mais essentiellement de manière improvisée ou parce que je n’aurais pas trouvé facilement le modèle qui accepte par exemple de se ridiculiser en public. Le reste du temps, j’ai répondu à des demandes d’amis photographes et en particulier toi NicoToulouse. Tu as été le premier à me solliciter. A ma plus grande surprise tu ne t’es pas limité à une seule fois. Et j’en suis très fier car j’appréciais déjà beaucoup ton travail avant de te connaître. Anna Kyne, dès notre première rencontre, m’a proposé un rôle dans une série de courts métrages. Je n’en menais pas large mais j’ai été extrêmement flatté par certains retours élogieux alors que je n’avais pas du tout le sentiment d’avoir fait quelque chose de difficile ni d’extraordinaire. Je suis toujours, agréablement, surpris lorsqu’on me sollicite. Je tiens à préciser que tous les photographes devraient au moins une fois poser en tant que modèles. Ca permet par exemple de comprendre combien c’est difficile et fatiguant de tenir une pose ou de garder une expression en devant rester contracté et parfois en apnée pendant que le photographe fait ses réglages.

Te souviens-tu de ta première séance photo en tant que modèle ?
La première dont je me souviens c’était totalement improvisé : Pendant que tu shootais Harmonie nue qui avait des portées musicales dessinées sur le corps, j’ai attrapé une guitare et me suis penché sur elle de très près en faisant semblant d’avoir des problèmes de vue pour déchiffrer. Je crois que la deuxième fois, tu m’avais fait poser pour dénoncer la censure. J’étais assis sur un trône avec une superbe Marianne nue à côté de moi. J’avais un air supérieur et très con, un fusil de la révolution à la main, avec un drapeau tricolore en guise d’écharpe. Cette photo avait ému une partie de mon entourage. Faut dire qu’à l’époque, j’étais élu. Au début certains colistiers auraient souhaité que j’arrête mes conneries. Ils s’en amusent aujourd’hui ou du moins font semblant. La fois d’après, c’est toi qui m’a demandé de prendre une cane à pêche pour attraper un modèle féminin, là aussi nu, dans un petit bassin d’agrément puis de me mettre torse nu et de la découper dans un évier d’où dépassait son postérieur. Ensuite, les shootings se sont enchaînés et j’ai depuis posé pour d’autres photographes.

Quelle est ta séance qu’a été la plus difficile pour toi ?
Peut-être celle où à côté d’un grand rond point et sur une avenue fréquentée tu m’as fait traverser un passage clouté à la nage avec masque, tuba, palmes, short de bain et suivi par un bateau pneumatique dans lequel ramait un modèle féminin. Il y a aussi la séance où tu m’as demandé de pleurer. Celle de « la tondue » à qui je devais mettre des coups de crosse. J’en passe et des meilleures. Ce n’est pas pour rien que j’ai la réputation d’être ton souffre-douleur.

Tu rentres souvent dans des styles satiriques, parfois tournés sur l’humour noir, pourquoi cette attirance pour ces styles ?
J’ai toujours adoré Brassens, San Antonio, Desproges, Coluche, Dubout, Reiser, Franquin… Ca fait un cocktail (d)étonnant de dérision, cynisme, franc-parler, paillardise, mais aussi et surtout de tolérance pour lutter contre la bêtise, l’ordre établi et tout ce qui est conventionnel.

Tu es l’exemple type du proverbe « Le ridicule ne tue pas ». Tu joues beaucoup sur l’autodérision. Qu’attends- tu comme retours/critiques de la part de ceux qui voient ces photos là ?
Je pense qu’il est important de ne pas se prendre au sérieux. Ca aide à devenir moins con. Je me dis : « Comprend qui peut, comprend qui veut ». Ca me fait toujours plaisir quand je vois que certains peuvent dépasser le stade du premier degré et comprendre voire apprécier ce que San Keaton, modèle toulousaine, appelle notre « humour de merde ». Je me fais peut-être des illusions, mais avant l’attentat de Charlie Hebdo, cet humour dérangeait et était insupportable pour beaucoup qui ne le connaissaient pas. Depuis, c’est beaucoup plus difficile de provoquer au point de s’attirer comme avant des centaines de mots d’insultes sur Facebook. On dirait que les gens s’habituent ou qu’ils sont blasés. Je regrette presque ces polémiques qui m’amusaient. Je pense que dans les années 30 ou les années 80 les gens étaient plus ouverts et plus tolérants car il y avait davantage de libertés qu’aujourd’hui. Tout est normalisé, conventionnel, aseptisé. On devient des robots si on ne sort pas du rang. C’est grave.

On voit aussi, notamment sur la série « Tchao Pantin » que tu as une âme de comédien. Aurais-tu aimé, professionnellement parlant, être Comédien ?
Non je n’ai pas une âme de comédien. Ce n’est pas parce que je suis capable de faire deux expressions, un air idiot ou un regard sombre que je suis comédien. Si j’avais du être comédien, je crois que j’aurais aimé faire du one-man-show avec mes propres textes pour pouvoir les massacrer à loisir. Je ne supporte pas le cinéma à cause de la trop longue attente sur les plateaux. Par contre il est vrai que j’adore le moment où je suis devant la caméra qui tourne. Surtout si j’ai dans la tête quelques petites facéties à rajouter à mon personnage pour surprendre le réalisateur ou les autres comédiens. Ca peut déclencher des fous rires ou des éloges, mais aussi la colère du réalisateur. Dans tous les cas c’est jouissif. Si j’avais été acteur de cinéma j’aurais aimé être « une gueule » comme on en faisait autrefois. Mon personnage serait le dur au cœur tendre plein de bonne volonté mais pataud et à qui il n’arrive que des merdes. J’aurais adoré jouer les rôles de Lino Ventura, Bernard Blier ou Michel Galabru qui à mon avis n’ont jamais été remplacés.

Et le théâtre, ne te tente t-il pas ?
J’ai une toute petite expérience scénique à travers la chanson qui m’a permis de comprendre ce que veulent dire les acteurs quand ils parlent de contact, d’osmose et de communion avec le public. Ca met dans un état second et ça procure un bonheur indescriptible. Oui, j’adorerais faire du théâtre s’il ne fallait pas apprendre ses répliques par cœur. D’abord j’ai la flemme, ensuite je ne sais pas s’il me reste assez de neurones pour en être capable et enfin je serais trop tenté de mettre ma touche personnelle et de modifier légèrement le texte à ma sauce. D’autre part j’aurais trop peur des fous rires incontrôlables que l’on ne peut pas couper comme au cinéma. Resterait le théâtre d’impro mais je trouve que la qualité des prestations est trop souvent foireuse. Je ne suis pas du tout sûr d’avoir assez de vivacité d’esprit pour offrir de bonnes réparties.

A priori, le nu, même en tant que modèle, ne te dérange pas. Que représente la photographie de nu pour toi ?
Il m’arrive effectivement de faire du nu. Dans mon cas, heureusement je me limite à l’autodérision, à la provocation ou à défendre des causes (mal bouffe par exemple). Le nu représente aussi la liberté de pouvoir se défaire de certains carcans de préjugés. Brassens disait que « Montrer son cœur ou son cul c’est pareil ». Je le pense aussi et c’est une invitation à méditer sur la pudeur. Si le nu ne me dérange pas c’est sûrement grâce à certaines mi-temps de rugby où il paraît que dans ma folle jeunesse on m’aurait vu passer à poil sur les Champs Elysées ou dans le métro parisien. Et puis je photographie beaucoup de filles nues. Je me verrais mal leur demander de se mettre nues si j’étais pudibond.

Que penses tu de la censure photographique, notamment lorsqu’il s’agit de la photographie de nu ?
Je suppose que tu fais allusion à celle de Facebook. Elle est totalement stupide car l’art, les exhibitions et la pornographie sont traités sur le même plan. En plus elle est injuste, illogique et parfois totalement injustifiée. Je pense que le QI des pauvres gens employés par Facebook pour appliquer la censure comme des robots n’a pas besoin à ce jour d’être très élevé. La haine ou la violence par contre sont admises. C’est l’illustration même de la bêtise et de l’inculture anglo-saxonne que les américains tentent de nous imposer à travers des normes et des procédures contre lesquelles la culture latine et humaniste doit résister.

Tu poses aussi pour des thèmes engagés. La photographie est-il ton outil/moyen pour faire passer des messages ?
Oui bien sûr. Mais pas uniquement. Il paraît que j’ai aussi une belle plume qui parfois peut-être assassine. Dans la photo, l’écriture, ou sur Facebook, je peux me permettre de faire plein de choses que je m’interdis dans la vraie vie. Entre autres, je peux ouvertement envoyer les cons se faire foutre et je ne m’en prive d’ailleurs pas. Souvent je passe pour un fou furieux que certains évitent et je m’en amuse. Mais pour être honnête, la photo ne sert pas qu’à la défense des grandes causes. Je suis aussi animé par le goût de l’absurde et de la provocation en recherchant toujours à repousser les limites.

Quelles sont tes limites en tant que modèle photo ?
En photo en général, la principale limite pour moi c’est la peur de blesser ou de porter tort à quelqu’un. En tant que modèle, mes limites peuvent être repoussées si c’est pour une noble cause et si ça a un sens ou une utilité. Pour te donner un exemple : souviens toi par exemple de la photo du « pâté ». Tu m’avais demandé d’étaler sur une tranche de pain du pâté que je prenais avec le couteau sur un sexe de femme. Dans un premier temps j’ai refusé car à travers les explications que tu m’avais données je trouvais que c’était méprisant vis-à-vis de l’image du sexe de la femme. Dans un deuxième temps, je t’ai demandé à faire exactement la même photo sauf qu’en portant un maillot du Stade Toulousain j’étais un supporter impatient qui préparait ses sandwiches avant d’aller au match. Le visuel était exactement le même mais ce que racontait la photo était différent. Dans un cas j’avais refusé, dans l’autre j’avais accepté. En tant que photographe ou modèle, je suis dans le même univers et partage les mêmes délires. J’adore transgresser les interdits. J’aime provoquer, faire le clown, prendre des risques et avoir des montées d’adrénaline. Sinon ce que je ne ferais pas c’est me déguiser en femme. N’insiste pas, c’est non.

Pour toi, modèle/comédien, est-ce un besoin thérapeutique ?
Oui tout à fait. C’est un exutoire qui permet de dépasser ses propres limites, d’exorciser de vieux démons, de vaincre certaines peurs ou de soulager des souffrances. Mais je pense aussi que ça peut-être dangereux si le modèle ne sait pas à l’avance ce qu’il veut faire, pourquoi et jusqu’où il est prêt à aller. Dans le cas contraire, il peut momentanément tomber sous l’emprise du photographe et risque plus tard de ne pas pouvoir assumer des choses qui peuvent lui faire beaucoup de mal.

Qu’en pensent tes enfants ?
Il tardait à ma fille de se marier pour changer de nom. Plus sérieusement, mes enfants au début ne comprenaient pas et désapprouvaient. Ils vivaient assez mal le fait qu’au lycée les amis commentaient les derniers « exploits » de leur père. Ensuite ils s’y sont peu à peu habitués au point même de me donner des idées où de m’aider à faire certains shootings voire même d’y participer. Ca me fait toujours bizarre de voir mes enfants me faire la morale. Je leur ai toujours dit que je serai un grand père indigne et un vieillard insupportable. Je pense qu’en vérité, malheureusement pour eux ils ont hérité de mon humour et qu’au fond ça les amuse. L’essentiel pour eux c’est de me voir heureux et épanoui.

Interview avec Alexia Abakar, photographe

Interview avec Alexia Abakar, actuellement Toulousaine, 20 ans, passionnée de photographie et étudiante en psychologie à ses heures perdues.

Quel est ton parcours photographique malgré ton jeune âge ?
J’ai commencé la photographie avec des jetables quand j’étais gamine. Genre, si je voyais un jetable t’étais sûr que la seconde d’après il était dans mes mains et que je courais partout pour immortaliser ce que je voyais. D’ailleurs, aujourd’hui encore j’ai toujours un jetable à portée de main. Puis est venu le temps du numérique où j’ai commencé à photographier mon entourage. Puis, je ne sais plus quand exactement… Vers 2010/2011, après trois longues années à réclamer un reflex, j’ai enfin eu mon 600D. Je devais donc avoir 13/14ans. Du coup je m’y suis un peu plus penchée sur la chose à ce moment là. J’ai attendu de maitriser mon boitier au mieux avant d’investir dans un 50mm en 2013 et clairement c’est là que les choses, si je peux dire, « sérieuses » ont commencé. J’ai vraiment pu m’épanouir dans le portrait. Parce que ce n’était pas avec un 18-55 que j’allais vraiment y arriver. J’ai fait une pause d’un peu plus d’un an de fin 2013 à mi-2015 pour des raisons personnelles, car ce fut une période pas forcément simple dans ma vie. Ensuite, je m’y suis doucement remise et j’ai commencé à gagner un peu de notoriété sur l’île. J’ai commencé à faire des photos pour des boutiques de fringues locales, et quand cela a commencé à bouger pour moi sur l’île j’ai emménagé à Toulouse en Septembre 2015. Hormis deux/trois petits shootings par ci par là et le concert de Naâman au Bikini, je n’ai clairement rien fait lors de ma première année dans la ville rose. J’avais le mal du pays. C’est pourquoi début mai 2016, avant de savoir si j’avais réussi mon année, je suis rentrée sur mon île sur un coup de tête sans même prévenir ma mère. Je suis revenue en métropole quatre mois plus tard regonflée à bloc. J’ai pu immortaliser le passage de Naâman à l’Olympia, grâce au manager de Marcus Gad et La Grosse Radio. C’est bien cette soirée qui a été un tournant pour moi, car ça m’a relancée. J’ai pu faire les photos du Festival Les Bulles Sonores et des événements de la boite de production Talowa. J’ai récemment changé de matériel pour passer à un 5D Mark II et aujourd’hui me voilà à suivre Devi Reed en tournée.

Passionnée par la musique, tu t’es spécialisée dans la photographie de concerts. Comment prépares-tu ces reportages ?
Cette question me fait doucement rire car tu pourrais me la poser pour n’importe quoi, ma réponse sera toujours la même : je n’ai aucune préparation. Ma vie est basée sur un seul truc : l’improvisation.

La photographie de concert est plutôt convoitée par de nombreux photographes. Comment te démarques tu de tes compères photographes ?
Je ne saurais te dire car je ne fais vraiment rien pour me démarquer des autres photographes. Au niveau de la photographie, j’ai un point de vu très égocentrique sur la chose puisque mon seul but est de progresser et d’enfin parvenir à trouver ma pâte.

En règle général, quelles sont les contraintes de la photographie de concert ?
Il n’y a pas réellement de contraintes, les règles sont assez souvent les mêmes lorsqu’il y en a. C’est-à-dire que nous devons assez souvent faire des clichés uniquement lors des trois premiers morceaux, faire valider les photos par la personne représentant le groupe avant publication et bien évidemment : ne pas utiliser le flash. Ce dernier point est bien le seul point a toujours être présent.

Au niveau des accréditations, as-tu des difficultés à les obtenir ?
Pas du tout. Le milieu du reggae n’étant pas énormément médiatisé, il n’est pas difficile d’obtenir des accréditations. Après, il faut savoir que j’ai des contacts directs avec les deux grosses boites de production toulousaine et que je suis rédactrice pour deux webzines. Par conséquent, cela appuie sur la balance lorsque je fais mes demandes pour des concerts d’artistes ne faisant pas part de la sphère du reggae music.

Il y a beaucoup plus de photographes masculins que féminins. On entend souvent que le milieu de la photographie de concert est plutôt sexiste. Qu’en penses-tu ?
Comme dit précédemment pour le moment, je n’ai pas réellement rencontré de difficultés à obtenir d’accréditation à cause de mon sexe. Au contraire j’ai pleinement conscience que le fait d’être fille et d’avoir une assez bonne gueule m’a complètement aidé à d’obtenir ma première accréditation photo et de monter des échelons assez vite au point de pouvoir suivre un artiste en tournée.

Tu es la photographe officielle de quelques groupes et parfois tu les suis dans leurs tournées. Comment se fait ton intégration ?
Ce n’est pas tout à fait exact. Je suis la photographe officielle d’un seul artiste : Devi Reed et c’est bien le seul que je suis en tournée. Après, je suis de très près un autre groupe qui est Jahneration, de part mon rôle de rédactrice pour un webzine reggae. Mais pour les deux groupes, même si le contexte est différent, l’intégration est la même car je ne les vois pas premièrement comme des « artistes » mais bien comme des humains et j’adore ce qu’ils dégagent, ce qu’ils représentent. Ce sont des personnes simples, pleines d’amour, d’humour et de partage et je trouve ça magique d’avoir la chance de pouvoir côtoyer des personnes avec un tel état d’esprit.

Quels chanteurs ou groupes de musiques rêverais tu photographier ?
En terme de concert et de portrait : Die Antwoord. Ils me font rêver.

Pour toi, qu’est-ce qu’une très bonne photographie de concert ?
Je t’avouerais que je ne me suis jamais réellement posé la question. J’estime qu’il ne peut pas avoir un exemple type d’une très bonne photographie de concert, mais en soit, pour se rapprocher au mieux d’un idéal il faudrait : premièrement : une très bonne gestion de la lumière ; deuxièmement : immortaliser un moment, une énergie forte ; troisièmement : avoir un cliché qui se rapproche au mieux de l’artiste et de son image.

A côté de la photographie de concerts, tu réalises des séances « portraits » de personne lambda. Qu’est ce qui t’attire dans la photographie de portrait et que cherches-tu à faire ressortir absolument ?
Alors, il faut savoir que j’ai commencé par faire du portrait donc dans l’ordre des choses c’est la photographie de concerts qui vient après les portraits, même si, il est vrai, la musique a prit le dessus dans ma vie. Mais pour répondre à ta question, ce qui m’attire dans la photographie de portrait c’est tout simplement les gens. Dans la vie, je suis quelqu’un d’assez réservée qui n’ose pas spécialement aller vers les gens. La photographie m’a permis de contrer cela et d’aller vers des personnes qui m’inspirent quelque chose, pour ensuite essayer de faire ressortir au mieux cette partie de leur personnalité qui a attiré mon attention, à travers mes clichés.

Comment définirais-tu ta photographie de personnes ?
Naturelle, simple et représentative.

Es-tu difficile dans le choix de tes « modèles » ? Sur quels critères te bases-tu ?
La beauté est quelque chose de très subjectif. Pour ma part, lorsqu’il est question de photographie, j’aime les modèles atypiques ou qui dégagent quelque chose de fort. Après tout est une question de feeling, je peux me balader en ville ou sur Instagram, voir quelqu’un et me dire : « tiens, cette personne, j’adorerais l’immortaliser », sans parvenir à te dire pourquoi j’ai choisi cette personne et pas une autre.

La photographie de portrait est aussi une affaire de confiance entre chaque protagoniste. Quelle est ta démarche pour que le feeling passe ?
Je n’ai pas vraiment de démarche. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des personnes qui ont un physique très avantageux. De ce fait je photographie essentiellement mes ami(e)s. Après, lorsqu’il s’agit de commandes, je n’ai pas vraiment tendance à me prendre la tête et je ne suis pas là pour juger. Je laisse le feeling faire et je ne sais pourquoi, mais mes modèles me disent souvent à la fin de la séance que j’ai une présence « apaisante » et de ce fait, ils parviennent à se détendre assez vite.

Diriges-tu tes « modèles » ou laisses-tu une part à l’improvisation ?
Cela dépend. J’aime vraiment beaucoup laisser place à l’improvisation, mais tout dépend du modèle. Certains modèles ont besoin d’être accompagnés, tandis que d’autres laissent faire la « vibe ».

Tu es plus photographe d’extérieur que de studio, pourquoi ?
Question d’habitude. J’ai débuté la photographie en autodidacte lorsque je vivais à La Réunion. Cette île a tellement à offrir. Ma mère étant passionnée de randonnée, dès mon plus jeune âge je l’accompagnais en balade. Et malgré l’épuisement, j’ai le souvenir d’avoir toujours été émerveillée par ce qui m’entourait. Mais en soit, je n’ai jamais pu prendre un simple paysage en photo. Quand c’est moi qui le fais, je trouve ça fade. Alors voilà, j’ai commencé à photographier mes ami(e)s, et comme je l’ai dit précédemment, ceux sont des moments que je souhaite immortaliser, ce qui est un peu plus compliqué à faire en studio. Après je ne suis pas contre l’idée de photographier en studio, j’ai d’ailleurs quelques idées en tête depuis quelques temps à ce sujet…

Plutôt noir&blanc ou plutôt couleur ?
Très bonne question. Je dirais que cela dépend de ce que je souhaite faire ressortir, mais je dirais majoritairement noir et blanc.

Pour toi, qu’est-ce qu’une bonne photographie, en règle générale ?
Je peux te faire simple. La bonne photographie, celle qui me fait rêver, je l’ai déjà vue. C’est Golden Light by Gonzalo Navarro Bendito.

Quelle est ta devise photographique ?
Immortaliser et retranscrire au mieux les émotions.

La page FB d’Alexia : BakarPhotography

Son site : alexiabakar.wixsite.com/alexiabakar

La Côte Bretonne, du sud au nord

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Lundi 26/06 : Carnac et ses Menhirs / Kervarlay / Port Louis / Pont Aven / Lanester (cimetière de bateaux) / Concarneau / Fouesnant / Beg Meil.
Mardi 27/06 : Loctudy et son phare de Langoz / Kérity / St Guénolé / Pointe de Penmarch / Pointe du Raz
Mercredi 28/06 : Morgat / Cap de la Chèvre / Pointe de Pen-Hir / Pointe de Toulinguet / Camaret-sur-Mer
Jeudi 29/06 : Le Conquet / Pointe Saint Mathieu / Fort de Bertheaume / Pointe et phare du Petit Minou / Fort de Questel
Vendredi 30/06 : Pointe et fort de La Latte / Cap Fréhel / Anse du croc / Sables d’or les pins
Samedi 01/07 : Roscoff / Santec / Mogueriec / Cléder et la promenade du Singe

Julia Nicole, interview

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Julia Nicole, jeune anglaise de 24 ans, vit à Toulouse depuis 2012. Nageuse de haut-niveau, cette blonde aux yeux bleus s’est prise au jeu de la photographie en 2016 en tant que modèle.

Depuis quand es-tu modèle photo et comment as-tu débuté ?
Je suis modèle photo depuis août 2016, donc ça fera bientôt un an ! J’ai commencé parce qu’une amie qui faisait déjà de la photo a voulu que je fasse des photos en duo avec elle. J’ai accepté et depuis je suis devenue passionnée de ça !

Pour toi, cette activité est une passion que tu pratiques en tant que loisirs, qu’est-ce qu’elle t’apporte concrètement ?
Oui cette activité est une passion. J’aime beaucoup me changer les idées, découvrir le monde de quelqu’un d’autre.

Tu reçois de plus en plus de demandes, comment sélectionnes-tu tes shoots photos ? Par rapport à la notoriété et/ou compétences des photographes ou par rapport aux projets proposés ?
Je dirais que c’est un mélange des trois. Je n’ai pas de règles précises, j’essaie d’accepter autant que possible mais c’est plus les contraintes de temps qui font que je suis obligée de choisir. Je fais deux ou trois shoots par semaine en général. Si j’admire le travail d’un certain photographe, je serais particulièrement motivée de travailler avec lui/elle, mais ce n’est pas le seul facteur. Je choisis aussi par rapport au projet proposé, il faut des envies photographiques communes. J’adore des projets originaux, j’essaie de changer par rapport à ce que j’ai déjà fait.

As-tu déjà connu un souci particulier avec un ou des photographes ? Quelle est ta méthode pour éviter de tomber sur des « fauxtographes » aux gestes ou aux paroles déplacés ?
Je n’ai jamais eu de soucis particuliers, mais si j’ai un doute sur un photographe, je n’y vais pas. J’avoue que c’est un peu délicat et donc j’essaie de me renseigner un maximum sur la personne en amont. Je demande des avis des photographes que je connais bien et à qui je fais confiance, ou alors à des modèles. C’est bien de créer un réseau de confiance. J’essaie toujours d’échanger avec un photographe dans un lieu public avant de shooter ensemble, et je précise que j’amène un contrat à chacun de mes shoots. Si j’ai un doute sur la personne, je demande si je peux venir accompagnée.

Tu as shooté avec de nombreux photographes, quels sont ceux qui t’ont marquée au niveau travail photographique et puis au niveau relationnel ?
Pour moi, le travail photographique et le relationnel viennent ensemble. Ceux qui m’ont marquée sont ceux qui m’aident à évoluer, qui me donnent des conseils et qui peuvent me guider. Ceux avec qui on a passé des bons moments à shooter et bien rigolé.

Des photographes sont-ils aujourd’hui devenus des amis sur qui tu peux compter ?
Oui. C’est assez marrant parce que se sont des personnes que je n’aurais jamais rencontrées, mais la passion de la photo nous a réunis et je trouve ça très sympa. Ça nous ouvre l’esprit.

Au niveau relation humaine, y trouves tu ton compte ?
Totalement ! J’ai rencontré du monde grâce à la photo, et il y a eu beaucoup de belles rencontres

Quel est ton style photographique ?
Ce que je préfère le plus, c’est le nu artistique, je ne m’en lasse pas ! Depuis le début, j’ai adoré poser nu, je trouve libérateur. Je préfère poser dans des endroits vivants qu’en studio, cela m’inspire plus.

Quel regard as-tu sur la photographie de nue ? C’est ton style préféré et tu le pratiques régulièrement, pourquoi ?
De dire la photographie de nue est assez compliqué, parce qu’on peut faire tellement de choses différentes avec le nu. Je n’ai jamais été pudique. Je suis nageuse de haut niveau et donc de cette façon, mon corps est mon outil de travail. Je suis fière de la façon dont mon corps est sculpté, parce que c’est une représentation du travail que j’ai fait. Il est étonnant et ça me fâche que même aujourd’hui, il y a des gens qui disent que les filles ne devraient pas faire trop de sport « pour ne pas se transformer en homme/devenir trop musclée ». Donc oui je suis fière de poser nue, et j’espère que ça aide à changer les à priori de ce genre. Et, je trouve ça beau. Il y a une simplicité que l’on retrouve dans la photographie de nu qui m’a marquée.

Quelles sont tes limites ?
Je suis très ouverte, mais je ne ferai pas de photo à caractère pornographique. J’aime beaucoup la photo quand on reste dans « la suggestion », c’est une façon d’évoquer de l’émotion pour le spectateur.

Que penses-tu de la censure photographique notamment au niveau du nu et comment la gères-tu ?
Je suis totalement contre la censure photographique. Je trouve que tout le monde devrait être capable de s’exprimer comme il veut. Dans l’ère digital, la censure a pris un sens diffèrent et nous parlons beaucoup de la censure de contenu sur certains sites ou réseaux sociaux. Ces sites sont créés par des entreprises et donc si nous souhaitons utiliser ces plateformes, nous serons obligés d’accepter les conditions de censure qui viennent avec. L’avantage d’utiliser des sites tels Facebook, Instagram est qu’il est possible de toucher une énorme population avec ses amis, les amis des autres etc., mais l’inconvénient c’est que je suis obligée de censurer les « zones intimes » sur mes photos de nu. Je le vois comme ça. Je publie mes photos de nu sans censure sur mon book.

Sur une séance, as-tu des petits « caprices » (pas ce profil, pas cette position, etc.), ou te mets tu totalement au service de la photographie et donc du photographe ?
Je me mets totalement au service du photographe. J’adore découvrir le monde de quelqu’un d’autre.

Acceptes tu que le photographe retouche ton physique ? Si oui, dans quelle limite ?
Je ne préfère pas. Je l’accepte, parce que je trouve que ça fait partie du travail du photographe, mais c’est vrai qu’il est difficile de mettre des limites. Je veux que mes photos soient une représentation de moi-même, et je veux que cela reste réaliste.

Pour toi, qu’est-ce qu’une photographie dite artistique ?
Une photographie artistique, c’est quand il y a une certaine réflexion derrière, quand on imagine l’image qu’on va créer et on veut exprimer quelque chose. On réfléchit aux émotions et réactions que la photo va évoquer.

As-tu des conseils à donner pour celles qui souhaiteraient poser pour la 1ere fois ?
Il est facile de regarder le travail d’un autre modèle et de dire « je veux faire comme lui/elle » mais c’est mieux de trouver ce qui nous différencie. On peut s’inspirer du travail des autres, mais c’est mieux de rester fidèle à soi-même.

Chaque année, je choisis une « muse » photo. Pourquoi, as-tu accepté d’être ma « muse » 2017 ?
Parce que j’adore ta démarche dans la photo. Tu es une personne de confiance et clairement passionné par la photographie, j’adore quand tu racontes les histoires derrière chaque cliché, et le raisonnement. Souvent tu fais des photos pour t’exprimer, et ça me fait plaisir d’en faire partie.

Site book de Julia : julia-nicole.book.fr

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Sonia P., née en 1988, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« Très chaud d’un seul coup, grosses bouffées de chaleur, on monte à 39 de fièvre, t’enlève tous tes habits. Ça montait parfois à 138 pulsassions par minutes. Tu te sens oppressé, le cœur s’emballe, t’as l’impression que tu vas exploser », témoigne Sonia, toulousaine de 28 ans. Voilà ce qu’était le quotidien de 2004 à 2010 de cette jeune monitrice d’équitation. Vers ses 16 ans, elle a connu de fortes crises de tachycardie. « Cela pouvait être 3 ou 4 fois dans la journée. C’était surtout le matin au réveil et le soir, quand j’étais fatiguée. Après les repas aussi », se souvient-elle. Quand elle commençait à avoir chaud, ce n’était pas bon signe. Elle se mettait au frais et attendait que cela passe. Des prises de sang ont permis de découvrir les causes de ses crises : « C’était la thyroïde qui débloquait. Pendant 5 années, j’ai testé plusieurs traitements sans succès même si un d’eux marchait mais il me détruisait les globules blancs et bloquait ma tension à 9 ». En 2010, Sonia se fait opérer. L’opération s’est bien déroulée mais la cicatrice, elle, n’a pas tenue. Trois jours après, les agrafes ont lâché. Retour en urgence à l’hôpital. Malheureusement, lorsqu’on referme une cicatrice pour une deuxième fois, le résultat en prend un coup. Sonia n’a pas oublié : « Ils me l’ont refermée comme des barbares. Le résultat n’était pas beau à voir : un gros bourrelet rouge vif au milieu de la gorge qui a mis 5 ans à s’estomper un minimum. Les premières années, les gens ne regardaient que ça lorsqu’ils me parlaient. C’était chiant ! ». Pour que cela passe inaperçu, elle la cachait avec des colliers. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un lui fait remarquer sa cicatrice, elle en rigole et maitrise la dérision de manière à ce qu’il regrette d’avoir posé la question. Beaucoup plus délicates, ce sont les conséquences de cette opération. La thyroïde a été enlevée mais Sonia a toujours les signes qui vont avec. « Avec le recul, on se rend compte que c’est une catastrophe de l’enlever parce que le milieu médical ne sait pas gérer l’après. A refaire, je n’aurais pas accepté l’opération », souligne Sonia. Elle a découvert, seule, les effets secondaires de la maladie, comme par exemple la prise de poids, ou l’effet yoyo entre l’état de fatigue et l’état euphorique. Personne n’avait pu ou su lui expliquer les conséquences du retrait de la thyroïde. En premier lieu, un traitement médical est à prendre quotidiennement et à vie, de plus en le réajustant sans cesse en fonction du train de vie, de l’état d’esprit, des émotions du moment présent. Des prises de sang sont à prévoir tous les trois mois. Ensuite, des dérèglements hormonaux arrivent régulièrement. « Mon taux d’hormones est déjà monté jusqu’à fois 5 fois supérieur à la normale », indique Sonia. Ils peuvent entrainer une hyperthyroïdie (hyper activité, tachycardie, nervosité, perte de poids…) ou une hypothyroïdie (prise de poids, grosse fatigue, baisse de tension, dépression…). « Je peux prendre un kilo par semaine. J’ai un régime strict à suivre et beaucoup de sport à faire. Certaines personnes peuvent prendre 25kg très rapidement qui sont difficiles à perdre. Moralement c’est rude. La maniaco-dépression est aussi un des symptômes. Quand cela te tombe dessus, tu ne peux rien y faire. Je peux pleurer pendant 3 jours non-stop et pourtant ce n’est pas du tout dans mon tempérament… Tu ne peux que subir », témoigne Sonia. Les grosses crises sont si violentes qu’elle préfère s’isoler : « Je ne veux personne. Personne ne peut t’aider dans ces moments. Les crises les plus terribles, même si elles sont rares, nous rendent tellement minables, que personnellement je préfère me les gérer toute seule, sans que l’on me voie au fond du seau ». Sonia sait que ces crises sont passagères. Elle les gère en attendant que cela passe, en maîtrisant aux mieux sa nervosité, en évitant les pensées négatives, en ne se jugeant pas, en ne se culpabilisant pas, comme elle le confirme : « Il faut absolument rester bienveillant envers soi-même, sinon tu plonges. C’est un tel bordel qui s’abat sur toi d’un coup qu’il faut rester le plus calme possible. Tout est altéré : la concentration, les choix, l’humeur ». Pour gérer son calme et se recentrer sur soi-même, Sonia pratique le yoga et se tourne aussi vers les médecines alternatives. Ca l’aide à reprendre le contrôle sur le sommeil, le poids, la dépression. Son amour pour les chevaux, sa passion pour l’équitation lui donnent aussi beaucoup de force. Elle ne lâche pas le moral. Garde toujours espoir et va toujours de l’avant. Une battante !