Le couple parfait, la femme parfaite, l’homme parfait… existent-ils ?

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Interview avec Gwen Bovilan, photographe

Interview avec Gwen Bovilan, artiste toulousaine de 31 ans.

Chanteuse professionnelle, photographe, modèle et maquilleuse. Une véritable artiste !  Gwen, quel est ton parcours artistique ?
Je suis bercée dans le milieu de la musique grâce à mes parents musiciens. Avec le temps, je me suis perfectionnée pour avoir la possibilité de vivre de ce que j’aime. J’ai eu l’occasion de faire diverses rencontres dans le milieu artistique qui m’ont permis de m’intégrer dans des groupes de musique, d’aller plus loin dans ma carrière de chanteuse. Petit à petit, j’ouvre mon réseau. J’effectue des prestations dans les restaurants, évènements de soirée dans les clubs toulousains, défilés de mode, mariages, anniversaires, baptêmes, soirées d’entreprise et évènements privés.

Qu’est ce qui t’a donné le désir de faire de la photographie ?
Depuis mon plus jeune âge, capturer des émotions, jouer avec les ombres et les lumières me passionnent. Immortaliser chaque instant de douceur, de rire et d’amour apporte autant de bonheur aux personnes que j’ai l’occasion de photographiées qu’à moi-même. J’aime voir les gens heureux.

En tant que photographe, nous pouvons dire que tu rentres dans la catégorie portraitiste. Pourquoi t’es-tu spécialisée dans ce style ? Quel plaisir y trouves-tu ?
“Le regard, reflet de l’âme”, ce que j’aime le plus dans un portrait c’est le regard. Je communique beaucoup. Chaque personne est différente. Je suis très attentive lors de la séance à l’attente du modèle, avec un accord en commun concernant le déroulement du shooting.

Quel style de portrait préfères-tu en termes de composition, de mise en scène et de rendu ?
Je reviens sur le regard ; j’aime quand il est lumineux, vers la lumière, les émotions ! Généralement, je décroche le sujet de l’arrière-plan, par exemple pour ne pas qu’il y ait trop de ciel derrière le visage. J’aime aussi quand il y a de la texture comme une architecture, les arbres, le bois, suivant la tenue de la personne et de ses couleurs. Chaque cadrage et arrière-plan est différent. Le halo lumineux est aussi un bon élément. Il faut se déplacer pour trouver un bon compromis entre le modèle et l’arrière-plan. Le bokeh, en période festive, donne de la vie et de la couleur aux portraits. J’aime simplement capturer un moment inattendu ! Concernant le noir et blanc, je le travaille dans un premier temps sur mon boîtier pour gagner du temps lors du post-traitement. Avant, je faisais autrement mais je trouve que cela me permet déjà de savoir comment composer cette photo en n&b avec les ombres, les lumières, les teintes foncées et les teintes claires.

Pour toi, un portrait doit-il obligatoirement être le reflet de la personnalité de la personne photographiée ?
Non. Comme dans un film ou un clip ou bien une pub, la photographie c’est la même chose, soit on choisit de montrer qui nous sommes, soit on choisit de jouer un rôle.

Estimes-tu que réaliser un portrait, c’est aussi entrer dans l’intimité de la personne ?
Les gens confient leurs intimités que cela soit de la joie ou de la peine. C’est un véritable plaisir pour moi à la fin d’une séance d’avoir apporté de bonnes choses. J’aime apporter du soutien aux personnes qui manquent de confiances, jouer avec différentes émotions pour leurs permettre d’apprendre à mieux se connaître. Pour moi, la photographie est en partie un travail sur soi. Cela permet aussi d’accepter ce que nous sommes.

Penses-tu que toute personne est photogénique ?
Chaque personne à quelque chose d’intéressant à donner comme une émotion, un physique atypique, une attitude. Il n’y a pas vraiment de critères de photogénie. Et je pense aussi que cela est une affaire de goût. Nous n’avons pas tous la même vision des choses.

Quelle est ton approche avec les personnes pour les mettre en confiance et à l’aise ?
Il arrive que je ne rencontre pas les personnes avant le jour du shooting mais il est préférable de le faire justement pour que nous puissions se familiariser et échanger des idées. Le jour J, je prends le temps de préparer mon matériel tout en discutant avec les personnes que je vais photographier. J’ai besoin de savoir qui se trouve en face de moi pour répondre un maximum à leurs attentes et à ce qui pourrait les mettre le plus à l’aise possible. J’ai beaucoup d’humour, je suis une personne très dynamique et cela apporte un plus entre les personnes photographiées et moi-même.

Pour les poses et les expressions, sais-tu d’entrée ce que tu veux et guides-tu tes modèles en fonction de cela ou laisses-tu une part au hasard ou à l’improvisation ?
J’en discute beaucoup avec les modèles avant la séance. Certains ne savent pas comment faire alors je les guides en leur montrant des exemples, mais je fais aussi beaucoup à l’intuition suivant les lieux et inspirations du moment. D’autres modèles savent exactement ce qu’ils veulent.

Le fait d’être modèle photo t’aides-tu aussi en tant que photographe ?
Énormément ! Cela me permet de comprendre les modèles quand ils sont devant l’objectif. Cela me permet aussi de comprendre que nous sommes tous différents et ce qui nous met le plus en valeurs, au niveau vestimentaire ou des poses.

Au niveau de la lumière, as-tu une préférence pour la lumière naturelle ou pour la lumière artificielle (flash studio par exemple) ?
Je préfère travailler en lumière naturelle, parce que suivant le temps et l’heure de la journée, les conditions lumineuses ne sont pas les mêmes. Je préfère aussi me munir d’un minimum de matériel. Je me déplace beaucoup dans des lieux différents et je m’adapte complètement au lieu. J’ai aussi l’avantage d’avoir un boîtier très lumineux qui me permet facilement de monter jusqu’à 6000 iso.

La « bonne » lumière est-elle un critère essentiel pour toi ?
Avoir de bonnes conditions lumineuses est assez important surtout lorsqu’on travaille sans flash.

En dehors des portraits, que photographies-tu ?
J’aime tout en photographie : animaux, paysages, mises en scènes, reportages sur un plateau de tournage par exemple, événements festifs, défilés de mode, décorations, photos de couples, feux d’artifice, poses longues pour les étoiles ou les manèges en pleine nuit, etc. J’aime beaucoup le spectacle, la scène avec ses lumières…

Que ou qui rêverais-tu photographier ?
Je rêve de voyager en Inde, en Afrique, au Canada et d’autres pays qui m’attirent et ainsi mettre en valeur les couleurs, leurs cultures, les gens ! Cela me passionne et c’est un véritable rêve pour moi.

Par rapport à ton approche photographique, as-tu des influences ?
La douceur, la vie, l’art, l’amour, la musique, un univers artistique bien complet, je m’inspire de tout ce que j’aime dans ma vie d’artiste.

Pour toi, qu’est-ce qu’une « bonne » photo ?
Une bonne photo est tout d’abord écrite d’ombres et de lumières, d’émotions, un message à travers un décor ou un regard. Une photo, c’est comme une toile, il faut qu’elle exprime une histoire et une émotion pour la personne qui la regarde.

www.gwenbovilan.com

Dan Buster’s, du l’association Poussière d’image et du collectif 24/36, qui est-il ?

Dan Buster’s, de l’association Poussière d’image et du collectif 24/36, qui est-il ?

Pour ou contre l’évolution technologique ? Vaste sujet qui donne et donnera toujours des débats sans fin et souvent stériles. Ce qui est certain c’est qu’il est impossible, dans notre société occidentale, d’y échapper, à moins d’adopter une vie d’ermite. En photographie, la grande évolution, voire même la grande révolution, a été l’arrivée du numérique à la fin des années 90. Cette évolution a complètement démocratisé la pratique photographique, pour en faire aujourd’hui le loisir culturel n°1. D’ailleurs, c’est grâce au numérique que Daniel Boyé, dit Dan Buster’s, a décidé de se remettre à la photo après plus de 18 ans sans un seul déclenchement. Il avait 12 ans, en 1966, lorsqu’il a réalisé sa première prise de vue avec l’Instamatic Kodak de ses parents. Il aimait prendre les scènes de vie familiales. La photographie l’intéressait. Il regardait, dès qu’il le pouvait, les photos des revues et magazines de l’époque. Pourtant, personne dans sa famille n’avait l’instinct photographique. Son père était magasinier et sa mère nourrice agréée d’Etat. La seule personne qui avait un lien dans ce domaine était le fils de son coiffeur. C’était même lui qui réalisait ses photos d’identités. A son contact, la curiosité de Dan pour cet art visuel s’est accentuée. Il n’hésitait pas à poser des tas de questions sur le matériel, sur la prise de vue, sur le développement… pour finir par rêver d’en faire son métier. A l’école, à la fameuse question « quel métier voudriez-vous faire ? », sa réponse était directe : « photographe ! ». Malheureusement, les revenus de ses parents rendaient impossible un financement dans une école spécialisée dans cette profession. Pas du tout démotivé, il continua à mettre en image sa famille, puis des paysages lors de ses sorties à la pêche, son autre passion. Vers ses 17 ans, à peine quelques mois avant de faire son service militaire, il découvre la MJC de son quartier, celle d’Empalot à Toulouse, et son labo-photo. Il y réalise son premier tirage et se fait hypnotiser par la magie du développement. Mais, il n’a pas le temps de se perfectionner, c’est déjà l’heure de faire ses classes. Une année à l’armée, une année sans photo… A son retour, Dan est bien décidé à rattraper le temps perdu. Au labo, il devient un tireur assez talentueux, réussissant avec une belle maitrise tous ses développements, y compris ceux nécessitant des retouches. Généreux, il offre même des tirages aux personnes qu’il photographie comme les seniors du club de 3ème âge d’Empalot. La mairie de Toulouse ne s’y trompe pas. Elle lui propose une vacation pour tenir le labo photo de cette MJC et pour donner des cours de développement aux jeunes du lycée Berthelot. Voilà un challenge à relever pour ce charmant mais timide jeune homme de 20 ans. Pendant deux ans, ce travail lui permettra de transmettre sa passion, de prendre confiance en lui, de s’ouvrir aux autres et… de faire craquer quelques demoiselles. Les petits labo-photos, à peine éclairés à la lumière rouge, faciliteraient-ils les rapprochements ? Malheureusement, la vie est faite qu’il n’est pas toujours facile, qu’il est même impossible, de la mener comme on le souhaiterait… A 23 ans, son travail de magasinier et sa vie de couple l’obligent à lâcher le labo-photo de la MJC. Pendant 4 ans, Dan continuera à faire des photos de paysages, expérimentant les poses longues, avec son Zenit E et puis son Contax. Mais, après quelques tentatives de développement avec son agrandisseur, il abandonne, son domicile n’ayant pas une pièce adaptée pour cela. En 1981, suite à ses obligations professionnelles et familiales, il arrête la photographie, avec regret, à contrecœur, la passion étant toujours présente. Et voilà le temps qui passe, le progrès technique faisant son œuvre, l’argentique voit arriver le numérique. Nous sommes en 1999, et Dan, ayant toujours en lui l’amour de l’image, se laisse tenter ! C’est avec un compact Fujipix, à seulement 2,5 mégapixels, pour un prix de 6 000 francs, qu’il se remet à la photographie et y reprend rapidement goût avec ses premiers clichés de vacances en Espagne, de paysages, des couchés de soleil et des photos de nuit. Les paramétrages ouvertures/vitesses/iso n’ont pas été oubliés. Il remplace son compact par un bridge Minolta et se met à la proxi-photo. A priori, c’est reparti pour l’aventure photographique. Au début des années 2000, il n’y a pas que la photographie qui est sur la voie de la révolution. C’est aussi le cas dans le domaine de la communication avec l’explosion d’Internet. Là aussi, Dan profite de ce nouveau moyen de communication pour diffuser ses clichés sur des forums et sites photos et pour échanger avec les quelques membres inscrits. Ses clichés sont plutôt appréciés et terminent souvent sur le podium des petits concours organisés par les administrateurs de ces sites web. L’inconvénient d’Internet, c’est que cela ne reste que du virtuel. Dan s’aperçoit qu’il stagne, qu’il ne progresse plus et qu’il a besoin de stopper ce côté virtuel pour passer un cap en partageant directement sa passion sur le terrain avec d’autres toulousains. En 2009, Olivier Gory, un de ses potes, découvre l’existence de Poussière Dimage, une jeune association photo basée dans la ville rose. Voilà peut-être la structure qui va lui permettre de casser le côté « photographe solitaire » en rencontrant de visu d’autres amateurs passionnés et ainsi repartir de l’avant dans sa progression photographique. Ce que ne savait pas Dan, c’est que Poussière d’image ne serait pas seulement un tremplin, mais allait carrément changer sa vie ! Dès les premières semaines, il a été adopté par les dirigeants et les adhérents de l’association. Personne n’est resté insensible à ses qualités humaines. Toujours prêt à rendre service ou à s’investir, Dan a de suite fait preuve d’une générosité extraordinaire et d’une convivialité sans faille. Seulement un an après son arrivée, le voilà membre du Conseil d’administration et trois ans après il prit les rênes de l’association en tant que Président. Sous son mandat, il a œuvré avec succès pour que Poussière d’image favorise l’esprit amical, voire familial, toujours au plus près et au service des adhérents, quel que soit leur niveau. De son côté, Dan a énormément pris confiance en lui, laissant sa timidité aux oubliettes. Et côté photo, avec son Canon 450D, puis le 7D, pour finir avec le 5D3, il a rapidement progressé à tel point qu’il s’est découvert un style plutôt sombre, maitrisant parfaitement le clair-obscur, dans le domaine de la photographie de nu artistique, sans aucune vulgarité, aussi bien en lumière naturelle qu’en studio photo. Depuis 2016, Dan est à la retraite et a déménagé dans le Tarn à Gaillac. La distance Gaillac-Toulouse ne lui permettant plus d’assumer son rôle de Président de Poussière d’image, il a récemment laissé les clés de la présidence à Laurent Viglieno, tout en restant membre CA et animateur de certaines activités. Et contrairement à certains qui, lorsqu’ils en partent, crachent dans la soupe qui les a nourri, Dan continue à y partager son savoir-faire, toujours avec un état d’esprit irréprochable, sans jamais se prendre pour monsieur je sais tout. D’ailleurs, depuis septembre, Dan a intégré le collectif photo « 24/36 » pour continuer son perfectionnement en s’essayant à la photographie d’auteur. Même à 63 ans, il n’hésite pas à se lancer de nouveaux défis. Des mauvaises langues égocentriques surveilleront sûrement comme des hyènes ses premières séries d’auteur. Mais lui, il en aura cure, car il est bien loin de toutes les médisances. D’ailleurs, le melon, ce n’est pas lui qui le prendra ; la reconnaissance n’est pas son leitmotiv. L’humilité est sa deuxième qualité, la générosité étant sa première !

Il m’énerve !

Julia Nicole a été (malheureusement pour elle 😝) ma muse (adorable) 2017 jusqu’à son départ à Lyon, fin août. Sur ce cliché, on peut imaginer ce qu’elle pensait avant que je lui demande de se mettre en place : « Qu’est ce qu’il va encore me demander comme putain de pose vraiment chiante à faire ! Il m’énerve ! » 🙂

Frédérick Lejeune, du collectif 24/36, qui est-il ?

Combien de photographes pratiquent la photographie de mariage ? Beaucoup ! Combien d’entre eux aiment cela ? Très peu ! Quand vous discutez avec des professionnels, vous remarquerez qu’ils sont nombreux à estimer ne prendre aucun plaisir à mettre en boite les mariages. Ils le font seulement par obligation « alimentaire ». Il faut bien gagner sa vie ! Mais parfois vous pouvez tomber sur des photographes bien rares qui adorent cela, qui prennent leur pied et qui ne s’en cachent pas. Frédérick Lejeune est un de ces spécimens. Photographier les mariages, il kiffe ! Quel intérêt photographique y trouve-t-il ? Sans hésiter, il vous répondra « les émotions ! Un mariage est un condensé d’émotions et de sentiments ». Voilà ce qui fait vibrer notre cher Fred ! Capter les joies, capter les pleurs, capter la fierté, capter l’amitié, capter l’amour, capter la fraternité, capter les liens… bref, capter la vie, souvent en noir et blanc et de plus en plus en couleur, tout simplement pour raconter une histoire, leur histoire, celles des mariés, celle d’une famille, d’un cercle d’amis, témoignage familial et amical si essentiel pour alimenter nos souvenirs, ne pas oublier. Les mariages le passionnent car justement il les vit comme les invités les vivent, tant émotionnellement que festoiement, à tel point que bien souvent ce photographe des mariés finit par devenir l’ami des mariés. Ses clichés ne mentent pas et démontrent bien que derrière un caractère bien affirmé se cache une âme sensible à souhait et fortement généreuse. Ses photographies sont, sans aucun doute, le reflet de sa personnalité. Pourtant, rien ne pouvait laisser présager que le Fredo adolescent deviendrait dans sa vie d’adulte un photographe à la sensibilité si aiguisée. Frédérick est né en 1972 à Villepinte dans le 93. Enfant turbulent, il a très vite préféré l’insouciance et la liberté de la rue, au sérieux et à l’autorité de l’école et des adultes. Il rentrait dans la catégorie de petit voyou. Rien ne l’intéressait sauf de faire les 400 coups rarement orthodoxes et d’abuser de son physique de beau gosse pour séduire les charmantes filles. A côté de cela, il lui arrivait tout de même de prendre de temps en temps un argentique et de déclencher sans aucune prétention. Sûrement les prémices d’un virus qui allait définitivement et solidement l’attraper des années plus tard. Il faut dire que Fred a baigné dans l’image pendant toute son enfance. Son père aimait photographier et sa mère travaillait dans une boite de production cinématographique. Il avait déjà un certain goût pour l’image cinématographique. Après un passage dans la Marine et quelques métiers ci et là, Fred s’est fixé dans la région Toulousaine en 1998 en tant que commercial. Sa première fille y est née en 2001. Vers ses 4-5 ans, il s’est mis à la photographier, photos de souvenirs, photos de vacances. Puis, ses prises de vue se sont réalisées lors de sorties personnelles, à « voler » des portraits, à rechercher des expressions, à ressentir les émotions, à donner une importance à la lumière, à réfléchir à ses déclenchements. En fait, Frédérick, sans s’en rendre compte, était tombé « malade », attrapé par le virus de la photographie qui n’allait plus le quitter. Influencé par Robert Doisneau, Willy Ronis, Sebastião Salgado, la photographie devenait son nouveau moyen d’expression, mais aussi un outil pour laisser une trace à ses deux filles. Son travail photo ne laissait pas insensible, de plus en plus de personnes y portaient un certain intérêt. Les sollicitations pour des prises de vue mais aussi pour des collaborations photographiques et artistiques affluaient. Sa première collaboration fut avec une écrivain pour « Grains de vie », par un livre et une première exposition en 2010, pour finir cette même année avec une deuxième exposition « Insolito-social ». Poussé par son entourage, Frédérick se professionnalise et réalise ses premiers portraits rémunérés et ses reportages de mariage. Sa première année ne fut pas si facile, elle a même été un échec. Et oui, Fred prit conscience que l’on ne s’improvise pas photographe professionnel juste par ce qu’on décide de l’être. Pour le devenir, il faut acquérir de réelles compétences. Il faut apprendre le métier, pratiquer, être rigoureux et tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. Cette prise de conscience et des raisons personnelles le démotivent et il décide de tout arrêter. Mais, pour beaucoup de photographes, le virus de la photographie est immortel… Ce qui devait être un arrêt s’est donc transformé en une petite pause de quelques mois. C’est par un projet très personnel, très intimiste, à la rencontre de son mal-être et de ses démons du moment, que Frédérick nous sort, en 2012, sa série « Dualité », autoportraits accompagnés de textes poignants écrits par Marie-Cécile Fourès. Son retour est plutôt fracassant. D’autres séries ayant toute leur place dans la catégorie de travail d’auteur vont se succéder : « No lol », « Combattants », « Moi, sous la douche, je », « Alone in the city », « 3265, juste un chemin » road-trip photo avec son vélo et sa tente pendant deux mois non stop sur les chemins de Compostelle du Danemark en Espagne, et enfin « Droits de cité » série actuellement en cours. Depuis 3 ans, Fred est de nouveau sous le statut professionnel. Il est bien parti pour durer. Les mariages sont toujours son dada, même s’il s’est spécialisé dans plusieurs domaines photographiques, associé avec Carmen La Rousse, jeune photographe talentueuse. Enfin, depuis début septembre, le voilà aussi membre fondateur du collectif 24/36, une aventure supplémentaire et prometteuse. Aujourd’hui, Frédérick a fait son trou. Petit à petit, avec le temps et l’expérience, son approche photographique s’est affirmée. Ses intentions ont gagné en réflexion, ses démarches sont toujours plus élaborées et ses réalisations construites avec rigueur. Il soigne son écriture photographique et cela se perçoit de projets en projets, de séries en séries. Le style Lejeune est reconnu. Ses photographies dégagent une intensité émotionnelle assez marquante et une profondeur d’âme saisissante. Beaucoup d’entre elles captent le regard, éveillent nos émotions, laissent place à l’espoir et aux vertus positives, font rêver. Et d’autres nous montrent une certaine réalité, nous questionnent sur les autres et leur histoire, sur nous autres et notre histoire, sur lui-même et son histoire. En fait, son moteur premier est l’Humain, avec un grand H. Et oui, vous avez compris : Frédérick Lejeune est surtout un photographe Humaniste !