Tiens, vous tombez pile Poil !

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« Je voudrais vous parler d’un truc… On n’ose plus se mettre à Poil, si ? En tout cas pas si nous ne sommes pas au Poil.
Bon, je reconnais que ce sujet me met pas mal de mauvais Poil. C’est vrai quoi, c’est agaçant à la fin et j’ai beau avoir parfois un Poil dans la main, cette fois j’ai décidé de reprendre du Poil de la bête et de défendre les Poils.
Il y a quelques années, j’étais modèle photo (amateur bien sûr). La première fois par hasard et ensuite parce que j’y avais pris goût, me sentir belle sur ces photos. Je ressemblais à ces nanas dans les magazines, c’était bon pour mon ego. Je disais que ça m’aidait à prendre confiance en moi. Il y a quelques jours, alors que j’ai 26 ans, et toujours mes petits complexes dans la poche, je suis retombée sur ces photos, et j’ai été impressionnée. Impressionnée de voir à quel point les photographes avaient pris soin et certainement un temps considérable pour « lisser » mes défauts, ou devrais-je dire, mes particularités, c’est du talent j’en conviens. Ah oui, cette nana sur les photos elle est canon, mais ce n’est pas moi, pas la vraie moi. Je n’ai pas les fesses aussi rebondies, je n’ai pas les dents aussi blanches, je n’ai pas les cheveux aussi bien rangés, je n’ai pas les lèvres aussi pulpeuses et surtout et entre autres je n’ai pas une peau immaculée. Non, j’ai des petits boutons parfois, du duvet foncé tout le temps. Ont-ils voulu me faire passer un message ?
Finalement ça ne fait que créer de nouveaux complexes chez moi. Et si effectivement j’étais plus jolie comme ci et comme ça ? Stop. Au fond si je veux vraiment avoir des photos à montrer à mes enfants plus tard, des souvenirs de ma jeunesse, des photos dont je serai fière, je devais réussir à me trouver belle sans Photoshop.
J’ai demandé à Nicolas que mes particularités soient au centre de la photo, qu’elles soient mises en lumière, que ça me pète aux yeux ! Je voulais me prouver que ce dont j’ai eu honte toute ma vie, parce que ce n’était pas dans les diktats de la beauté française, faisait de toute façon partie de moi et que ça ne changeait rien.
Avant de découvrir le résultat, mon cœur s’est emballé « et si je n’aimais vraiment pas ces photos ? », « et si c’était pire après ? », « et si finalement j’étais… dégueulasse ? »… De toute façon faut se lancer. Et là, délivrance, j’ai encore été impressionnée. Mais impressionnée cette fois par la vérité de ces photos, et pour la première fois de ma jeune mais considérable vie, j’ai aimé mes poils. » (Clarisse)

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Stéphanie M., née en 1982, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« C’était le jour de la rentrée en classe de 5ième. Je traversais sur le passage piéton et j’ai été percutée par une voiture roulant à vive allure. Je me suis retrouvée à l’hôpital, d’abord consciente mais en état de choc et avec des fractures multiples ; puis le trou noir avec 3 jours de coma », témoigne Stéphanie, adolescente de 13 ans au moment de l’accident. Ce 12 septembre 1995, à 9h03, sa vie a basculé. Ce matin-là, à Castres, le conducteur allait bien trop vite et ne l’a pas vue. Elle a frôlé la mort et se souvient, encore aujourd’hui, des moindres détails du choc et de ses blessures à la hanche, au genou, au pied, au bras et surtout à l’épaule, tout son côté gauche : « J’étais dans un état second, choquée. Malgré les fractures, je ne ressentais aucune douleur. En fait, et ce fut le sentiment le plus horrible, je ne sentais plus du tout ni mon épaule et ni mon bras, comme s’ils étaient morts ». Après être sortie du coma, Stéphanie a subi une première opération lourde afin de reconstruire son épaule. Son bras est resté bloqué pendant plusieurs mois, puis une seconde opération a permis de retirer toutes les broches, le tout laissant une double cicatrice de 15 cm et des séquelles physiques et psychologiques. « Mon bras gauche s’est arrêté de grandir suite à l’accident. Il mesure 4 cm de moins que le droit. Je ne le touche que depuis 4 ans. Et je ne me suis pas rasée ce bras blessé pendant des années car cela me remémorait les soins. Enfin, de manière instinctive, je ne laissais personne toucher mon bras, même pas mon compagnon », précise Stéphanie. Déjà à l’âge adulte on n’est pas préparé à vivre cela, alors imaginez à 13 ans. Le ressenti de Stéphanie est inflexible : « Je n’ai pas eu d’adolescence ! On n’est pas armé, à cet âge-là, pour prendre la mort dans la figure. Je me suis vue mourir ! ». Cet accident a été la cause d’un changement de vie de manière inconsciente et radicale. Elle s’est sentie coupable de l’accident. Personne ne lui a tendu la main et ne lui a expliqué qu’elle n’était pas fautive. Traumatisée et marquée à vie, elle a vécu toute son adolescence et sa vie d’adulte comme si elle allait mourir le lendemain et qu’elle méritait cela. Inconsciemment et de manière obsessionnelle, dans son esprit, chaque jour présent pouvait être le dernier, à tel point qu’elle cumulait n’importe quel projet en s’y investissant à fond, non stop, sans la moindre pause, mais toujours dans une maitrise la plus extrême. Tout devait aller vite, puisque par sa peur d’être victime d’un nouvel accident, chaque journée passée pouvait être sa dernière en vie. « Pendant des années, j’ai mené une vie hyperactive et excessive où il fallait que j’enchaine, que tout soit carré, toujours à la recherche de l’excellence à chaque instant, avec tout le stress que cela engendre. J’étais toujours une insatisfaite. J’étais dans ma bulle, une prison de verre, avec cette peur permanente inconsciente de mourir », révèle Stéphanie. Malgré ses journées chargées, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait se lever le matin, pourquoi ce mal-être chronique alors qu’elle avait tout pour être heureuse : une fille, une vie de couple, une maison, une reconnaissance professionnelle, une activité sportive passionnante, etc. Ce n’était plus possible de vivre ainsi. En 2011, Stéphanie a décidé de suivre des séances d’hypnose et de kinésiologie et finir au cours de cette année 2017 avec l’EMDR pour essayer de guérir de ses maux intérieurs, comme elle le précise : « J’étais dans une telle maîtrise de vie, qu’il fallait que j’accepte que je puisse re-avoir un accident demain. J’ai choisi l’hypnose pour démarrer ». Sa séance d’hypnose a été d’une telle violence qu’elle est restée enfermée pendant 6 mois chez elle. Elle ne pouvait plus ouvrir la porte de son domicile et en sortir : « Lors de cette séance d’hypnose, j’ai revécu physiquement l’accident. Mon cerveau a rejeté cette souffrance. Ce fut atroce. Je me suis enfermée de longs mois car cela a accentué ma peur ». Heureusement, ses amis lui ont fait prendre conscience qu’elle se mettait psychologiquement en danger. Elle décide de rappeler son hypnotiseuse et la réaction de cette dernière a enfin été le déclic pour Stéphanie. Elle lui a répondu fermement : « Stéphanie, il faut juste que vous acceptiez de vous prendre une autre voiture sur la gueule ». La réaction de Stéphanie a été immédiate : « Là, je me suis mise à pleurer et j’ai lâché prise. Petit à petit, j’ai commencé à respirer, à me poser, à prendre du recul et de la maturité, et à ne plus avoir peur du lendemain. En 2017, elle rencontre une nouvelle et dernière méthode, l’EMDR, qui l’a amenée à sa guérison totale. Une méthode radicale qui travaille sur les troubles post-traumatiques où au final il ne reste que les souvenirs et plus aucun ressenties négatifs. « Je n’ai plus peur de prendre la voiture et de sortir. Je suis enfin en paix avec moi-même », se réjouit aujourd’hui Stéphanie. Plus de 22 ans après, le deuil est enfin accompli ! Stéphanie arrive même à ressortir du positif de cet accident. « A cause » de cet accident, elle a pu réaliser des projets ambitieux, devenir un pompier reconnu, pratiquer le rugby féminin de haut-niveau et participer de manière active à son essor national, sans oublier tant d’autres challenges et défis des plus difficiles qu’elle a relevés avec succès. Aujourd’hui, c’est une nouvelle vie. Elle s’occupe de sa fille de 17 ans, son métier actuel de photographe professionnelle l’épanouit, son compagnon Cyrille la comble, le Crossfit lui apporte un certain mode de vie… Bref, que du bonheur pour Stéphanie !

(www.stephaniemadaule.fr)

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Kevin C., née en 1983, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« Lorsque je mettais mes pieds parallèles, mes genoux se touchaient de manière significative. Aujourd’hui, j’ai 4 cicatrices suite à des opérations pour réaligner mes jambes », annonce Kévin Casimir, jeune plaquiste vivant à Castelnau-Montratier dans le Lot. Dès sa naissance en 1983, Kevin a été obligé de porter une sorte de corset au niveau des jambes afin de les redresser. Plus tard, et même si Kevin pouvait marcher et courir sans aucun souci, les médecins ont conseillé à ses parents de le faire opérer des deux jambes pour lui éviter d’avoir des problèmes au niveau des genoux. Ces derniers risquaient rapidement une usure problématique. Vers ses 11 ans, les chirurgiens lui ont coupé fémurs et tibias et tout réaligné avec des broches, retirées l’année suivante. « Au début, ils espéraient couper que le fémur et le tourner pour aligner le genou. Mais ils tournaient le bas du fémur vers l’extérieur et donc le pied suivait. Pour que le pied puisse se remettre en place, ils ont été obligés de couper le tibia pour faire aussi tourner le bas du tibia », se souvient Kevin. Ces opérations ont laissé de grosses cicatrices sur ses jambes qui l’ont complexé un certain temps comme il le fait remarquer : « Il faut dire que mes balafres étaient assez marquées. Je n’étais pas bien dans mon corps car j’avais l’impression que les gens me regardaient. D’ailleurs, lorsque je devais mettre autre chose qu’un jean, je choisissais un pantacourt pour cacher au maximum. Puis, j’ai fini par comprendre que les gens s’en foutaient ». Aujourd’hui, Kevin n’y pense plus. Son problème actuel, c’est sa tête de péroné droite qui se déboite régulièrement depuis les opérations il y a 20 ans. « Quand elle se déboite, je tourne ma jambe dans tous les sens. Au début c’était juste retendre la jambe et cela se remettait en place. Maintenant, il faut que je la manipule d’une certaine façon pour la remette correctement », témoigne Kevin, qui pratique le karaté. Autant dire, qu’avec ce sport, cela lâche souvent. On pourrait croire qu’il a l’habitude mais la douleur est parfois si présente qu’il n’arrive plus à distinguer si c’est bien remis en place ou pas, sans compter les risques d’arthrose que cela peut entrainer. Kevin a vu plusieurs médecins afin de trouver une solution : « Il est assez difficile de convaincre les médecins car le fait que la tête de péroné se déboite régulièrement est très rare. Alors, pour leur prouver, je me la déboiter volontairement. Devant ce constat, il ne pouvait que me croire mais beaucoup ne trouvaient pas de solution et me renvoyer à certains de leurs confrères ». Kevin a fini par consulter un chirurgien orthopédique compétent en la matière : « Il m’a proposé de visser le péroné au tibia. Avec ce vis dans le genou, la tête de péroné ne devrait plus se déboiter ». La nouvelle opération a eu lieu, une cicatrice supplémentaire, espérons la dernière.

Une cicatrice, son histoire, notre histoire

Sonia P., née en 1988, nous raconte l’histoire de sa cicatrice.

« Très chaud d’un seul coup, grosses bouffées de chaleur, on monte à 39 de fièvre, t’enlève tous tes habits. Ça montait parfois à 138 pulsassions par minutes. Tu te sens oppressé, le cœur s’emballe, t’as l’impression que tu vas exploser », témoigne Sonia, toulousaine de 28 ans. Voilà ce qu’était le quotidien de 2004 à 2010 de cette jeune monitrice d’équitation. Vers ses 16 ans, elle a connu de fortes crises de tachycardie. « Cela pouvait être 3 ou 4 fois dans la journée. C’était surtout le matin au réveil et le soir, quand j’étais fatiguée. Après les repas aussi », se souvient-elle. Quand elle commençait à avoir chaud, ce n’était pas bon signe. Elle se mettait au frais et attendait que cela passe. Des prises de sang ont permis de découvrir les causes de ses crises : « C’était la thyroïde qui débloquait. Pendant 5 années, j’ai testé plusieurs traitements sans succès même si un d’eux marchait mais il me détruisait les globules blancs et bloquait ma tension à 9 ». En 2010, Sonia se fait opérer. L’opération s’est bien déroulée mais la cicatrice, elle, n’a pas tenue. Trois jours après, les agrafes ont lâché. Retour en urgence à l’hôpital. Malheureusement, lorsqu’on referme une cicatrice pour une deuxième fois, le résultat en prend un coup. Sonia n’a pas oublié : « Ils me l’ont refermée comme des barbares. Le résultat n’était pas beau à voir : un gros bourrelet rouge vif au milieu de la gorge qui a mis 5 ans à s’estomper un minimum. Les premières années, les gens ne regardaient que ça lorsqu’ils me parlaient. C’était chiant ! ». Pour que cela passe inaperçu, elle la cachait avec des colliers. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un lui fait remarquer sa cicatrice, elle en rigole et maitrise la dérision de manière à ce qu’il regrette d’avoir posé la question. Beaucoup plus délicates, ce sont les conséquences de cette opération. La thyroïde a été enlevée mais Sonia a toujours les signes qui vont avec. « Avec le recul, on se rend compte que c’est une catastrophe de l’enlever parce que le milieu médical ne sait pas gérer l’après. A refaire, je n’aurais pas accepté l’opération », souligne Sonia. Elle a découvert, seule, les effets secondaires de la maladie, comme par exemple la prise de poids, ou l’effet yoyo entre l’état de fatigue et l’état euphorique. Personne n’avait pu ou su lui expliquer les conséquences du retrait de la thyroïde. En premier lieu, un traitement médical est à prendre quotidiennement et à vie, de plus en le réajustant sans cesse en fonction du train de vie, de l’état d’esprit, des émotions du moment présent. Des prises de sang sont à prévoir tous les trois mois. Ensuite, des dérèglements hormonaux arrivent régulièrement. « Mon taux d’hormones est déjà monté jusqu’à fois 5 fois supérieur à la normale », indique Sonia. Ils peuvent entrainer une hyperthyroïdie (hyper activité, tachycardie, nervosité, perte de poids…) ou une hypothyroïdie (prise de poids, grosse fatigue, baisse de tension, dépression…). « Je peux prendre un kilo par semaine. J’ai un régime strict à suivre et beaucoup de sport à faire. Certaines personnes peuvent prendre 25kg très rapidement qui sont difficiles à perdre. Moralement c’est rude. La maniaco-dépression est aussi un des symptômes. Quand cela te tombe dessus, tu ne peux rien y faire. Je peux pleurer pendant 3 jours non-stop et pourtant ce n’est pas du tout dans mon tempérament… Tu ne peux que subir », témoigne Sonia. Les grosses crises sont si violentes qu’elle préfère s’isoler : « Je ne veux personne. Personne ne peut t’aider dans ces moments. Les crises les plus terribles, même si elles sont rares, nous rendent tellement minables, que personnellement je préfère me les gérer toute seule, sans que l’on me voie au fond du seau ». Sonia sait que ces crises sont passagères. Elle les gère en attendant que cela passe, en maîtrisant aux mieux sa nervosité, en évitant les pensées négatives, en ne se jugeant pas, en ne se culpabilisant pas, comme elle le confirme : « Il faut absolument rester bienveillant envers soi-même, sinon tu plonges. C’est un tel bordel qui s’abat sur toi d’un coup qu’il faut rester le plus calme possible. Tout est altéré : la concentration, les choix, l’humeur ». Pour gérer son calme et se recentrer sur soi-même, Sonia pratique le yoga et se tourne aussi vers les médecines alternatives. Ca l’aide à reprendre le contrôle sur le sommeil, le poids, la dépression. Son amour pour les chevaux, sa passion pour l’équitation lui donnent aussi beaucoup de force. Elle ne lâche pas le moral. Garde toujours espoir et va toujours de l’avant. Une battante !