« Pourquoi t’as fait ça ? » ou bien encore la pire des questions « Avec quoi tu t’es fait ça ? »

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« Je suis couverte de cicatrices… oui ; c’est un fait, et ce depuis de nombreuses années maintenant.
On me demande souvent « Pourquoi t’as fait ça ? » ou bien encore la pire des questions « Avec quoi tu t’es fait ça ? », mais… vous vous rendez compte de l’indélicatesse de ces questions qui sont les vôtres ? L’intimité, vous connaissez ? Le respect d’autrui, ça vous parle ?
Certains vont alors me sortir l’excuse du « bah t’as qu’à pas les montrer si tu veux pas qu’on te pose des questions dessus ». Ce genre de phrase me prouve juste à quel point votre réflexion peut être limitée. Donc, parce que j’ai subi des viols, de la violence, de la maltraitance (et j’en passe) qui ont débouché sur une dépression qui m’accompagne depuis plus de 10 ans ainsi qu’un trouble de la personnalité limite qui font que j’extériorisais comme je le pouvais et avec le seul outil que je possédais ; je ne peux sortir de chez moi qu’en combi de ski ? Parce que ces cicatrices se voient de mon visage jusqu’aux mains ? Le fait d’apercevoir certaines choses ne vous donne pas le droit d’exiger des réponses. Et par pitié, arrêtez de nous voir comme des pauvres personnes risquant de tomber à la moindre secousse. Nous ne sommes pas faibles, bien au contraire. J’ai su avoir la force de sortir peu à peu de ce cercle vicieux, j’ai eu la bienveillance de ne me défouler que sur moi et non sur les personnes m’entourant et me maltraitant. J’ai pris sur moi, encore et toujours, au point où on peut le percevoir en me regardant. Oui, c’est pas esthétique, oui ça me fait profondément mal de me rappeler les états dans lesquels j’étais lorsque je passais à l’acte, oui ça me porte préjudice à chaque fois que je sors de chez moi : dans les transports, la rue, au travail, à la fac, aux dîners de famille… Mais la jeune fille de 15 ans qui pensait qu’elle ne survivrait pas après ses 18 ans, celle qui était persuadée que sa vie s’arrêterait avant d’avoir même débuté ; elle a grandit, et elle voit maintenant tout le chemin parcouru à travers ces mêmes marques qui resteront à vie.

Je voulais aussi vous parler de quelque chose : la fétichisation des auto-mutilations (et non des scarifications artistiques qui sont légitimes).
« Moi ça m’attire tes cicatrices », « Ca m’intrigue trop » ou bien « Tes cicatrices m’excitent trop » (sexualiser des cicatrices… mais quel est votre problème ??)
Alors non, ce genre de discours n’est pas plaisant, n’est pas rassurant et me fait encore moins sourire. Ces personnes qui trouvent un comportement toxique, néfaste et auto-destructeur « attirant » sont juste elles-mêmes toxiques. Ces personnes ne vous aideront jamais à avancer, bien au contraire. Elles vous objectiveront, vous réconforteront dans vos comportements auto-destructeurs et malsains et passeront à autre chose lorsque vous essaierez d’aller mieux. Éloignez-vous de ces personnes, il n’y a rien de gratifiant à ce que l’on trouve vos souffrances « attirantes ».

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